Un retraité de 80 ans condamné pour agression sexuelle dans une boulangerie
Un octogénaire a été reconnu coupable d'agression sexuelle et d'outrages sexistes et sexuels pour des faits commis en 2024 dans une boulangerie de Carnon, près de Montpellier. Le prévenu, âgé de 80 ans au moment des événements, avait multiplié les comportements inappropriés envers une vendeuse de l'établissement entre février et août 2024.
Des déclarations contredites par la vidéosurveillance
L'affaire a culminé le 15 août 2024 lorsque l'homme a saisi le sein droit de la vendeuse. Face aux gendarmes, il avait affirmé n'avoir fait "qu'effleurer involontairement la poitrine de la victime" en tentant de récupérer du pain. Cependant, les images de vidéosurveillance ont clairement démontré le caractère volontaire de son geste.
"Les gendarmes écrivent que vous n'avez plus rien dit après avoir vu la vidéo", lui a rappelé le juge lors de l'audience du 1er avril dernier devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Le prévenu a répondu de manière agressive : "Les gendarmes, ce sont des imbéciles. Ils m'ont mis les menottes. Je suis militaire, moi !"
Un parcours professionnel contrasté
L'homme, qui a effectué une carrière de 28 ans dans la gendarmerie maritime où il a été décoré de la Légion d'honneur, avait ensuite intégré IBM à Montpellier. Il est passé du statut de technicien à celui de cadre, ce qui lui assure aujourd'hui une retraite confortable de 4 800 euros mensuels.
Lors du procès, il a reconnu les outrages sexistes et sexuels envers la vendeuse principale "mais pas les autres", faisant référence à d'autres salariées qui s'étaient également déclarées victimes de ses propos. Concernant l'agression physique, il a fourni une nouvelle explication : "Je voulais la gifler car je lui avais prêté 1 300 euros qu'elle ne m'a pas rendus !"
Une escalade dans la gravité des faits
La procureure a souligné la cohérence des déclarations de la victime : "Contrairement au prévenu, elle a été constante et précise dans ses déclarations. Il y a eu une escalade dans la gravité des faits, et elle avait encore peur de croiser son agresseur, plusieurs semaines après les faits."
L'expert psychiatre a diagnostiqué chez le retraité une dégénérescence neurocognitive nécessitant un suivi médical, ce que l'intéressé a catégoriquement rejeté : "Je n'en ai pas besoin". L'avocate de la défense a évoqué un "discernement altéré" et a demandé une dispense de peine.
La sentence prononcée
Le tribunal a finalement condamné l'octogénaire à six mois de prison avec sursis, correspondant à la peine requise par le ministère public. Les mesures complémentaires incluent :
- Interdiction d'entrer en contact avec la victime
- Versement de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts
- Dispense d'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles en raison de son âge
Malgré son contrôle judiciaire qui lui interdisait de fréquenter la boulangerie, l'homme a continué à s'y rendre après le départ de la vendeuse. Il compte déjà deux mentions à son casier judiciaire pour des infractions routières.



