Nîmes : une quadragénaire jugée pour apologie du terrorisme et incitation à la haine
Nîmes : quadragénaire jugée pour apologie du terrorisme

Ce vendredi 19 juin 2026, une quadragénaire nîmoise était jugée devant le tribunal correctionnel pour des publications sur les réseaux sociales réalisées en janvier et avril 2025. Elle est poursuivie pour apologie du terrorisme et provocation à la haine en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion. Le parquet a requis huit mois de prison avec sursis simple. Le délibéré a été fixé au 2 juillet 2026.

Une affaire née d’un signalement préfectoral

L’affaire a débuté par un signalement du préfet du Gard, qui a alerté le parquet de Nîmes de publications suspectes sur les réseaux sociaux émanant d’une habitante de la ville. Une enquête a été ouverte, conduisant à l’audition de la prévenue et à une perquisition à son domicile. Ces éléments ont abouti à des poursuites judiciaires.

Des publications liées au conflit au Proche-Orient

Le contexte des publications est le conflit au Proche-Orient. La prévenue a partagé des versets du Coran, considérés comme pouvant étayer les accusations, ainsi qu’une vidéo d’un prédicateur marocain s’exprimant sur le conflit. Deux périodes distinctes sont reprochées à la quadragénaire : entre janvier et avril 2025.

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Dès l’ouverture des débats, le président du tribunal lui a demandé si elle reconnaissait les faits. Elle a contesté les accusations. Interrogée sur l’utilisation de « propos palestiniens qui sous-tendent un discours antisémite », elle a répondu qu’elle n’avait pas modifié les textes religieux et qu’elle les avait simplement relayés. Le magistrat a souligné que la perquisition avait montré qu’elle agissait en soutien au peuple palestinien.

Une assesseure a relevé : « On a l’impression que vous utilisez des propos palestiniens qui sous-tendent un discours antisémite. » Pour sa défense, la prévenue a affirmé avoir partagé la vidéo par inadvertance, ce qui, selon elle, démontre une absence d’intentionnalité.

Le parquet estime les infractions constituées

Le vice-procureur de la République a considéré que les infractions étaient bien constituées. « Le fait de défendre le peuple palestinien, ce n’est pas ça qui est jugé aujourd’hui », a-t-il déclaré, contestant la ligne de défense de la prévenue qui revient à dire « j’ai dérapé, je ne m’en suis pas rendu compte ». Selon le magistrat, une partie des propos est clairement antisémite et tombe sous le coup de la loi, de même que l’apologie du terrorisme. En l’absence d’antécédents judiciaires, il a requis huit mois avec sursis simple.

La défense épingle l’ancien ministre de l’Intérieur

Pour la défense, la bâtonnière Me Khadija Aoudia s’est interrogée sur l’opportunité du signalement préfectoral : « Le préfet pensait-il que les juridictions nîmoises s’ennuyaient ? » L’avocate pénaliste a également souligné qu’il est impossible de tirer un sens antisémite de textes coraniques vieux de plusieurs siècles sans être un théologien. Sur le plan juridique, elle a contesté la validité des infractions et a épinglé l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui avait donné des consignes aux préfets d’effectuer des signalements auprès des procureurs. Me Aoudia a dénoncé une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 2 juillet 2026. Toute personne est présumée innocente tant que justice n’a pas été rendue définitivement.

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