Mort d'Elias : l'instruction judiciaire est désormais close, ouvrant la voie au procès
Le drame survenu le 24 janvier 2025 avait glacé la France et suscité de vifs débats politiques sur la justice des mineurs. Elias, un adolescent de 14 ans, rentrait avec un ami d'un entraînement de football dans le 14e arrondissement de Paris lorsqu'il a été attaqué. Refusant de se laisser voler son téléphone portable, il a été mortellement touché par une arme blanche ressemblant à une machette. L'enquête judiciaire est aujourd'hui close, a informé le juge d'instruction chargé du dossier, selon une source proche du dossier.
Une arme de type « Zombie Killer » et une hache utilisées lors de l'agression
Le parquet doit maintenant rendre ses réquisitions en vue de la tenue d'un procès contre les deux agresseurs présumés, qui étaient mineurs et déjà connus de la justice au moment des faits. Elias a succombé le lendemain de l'agression à une hémorragie interne suite à ses blessures. Le coup mortel a été porté par une arme de type « Zombie Killer » dotée d'une lame de 45 cm, tandis que le deuxième auteur présumé portait une hache. Ce drame a relancé le débat sur la justice des mineurs, en particulier sur le port des armes blanches.
Les suspects, aujourd'hui âgés de 17 et 18 ans, en détention provisoire
Les deux suspects, aujourd'hui âgés de 17 ans pour celui qui a reconnu être l'auteur du coup de machette et de 18 ans pour son complice présumé, étaient mineurs au moment des faits. Ils ont été mis en examen pour « extorsion avec violences ayant entraîné la mort » et « violence sur un mineur de 15 ans sans incapacité » à l'encontre de l'ami d'Elias. Actuellement, ils sont en détention provisoire.
Des « dysfonctionnements » en série pointés par le ministre de la Justice
En juin, le ministre de la Justice avait évoqué des « dysfonctionnements » ayant conduit, selon lui, à la mort d'Elias. Gérald Darmanin déclarait être « choqué » que « ces deux gamins qui étaient déjà très connus des services de police, (qui) n'avaient pas le droit de se rencontrer », aient pu se retrouver ensemble. Ils faisaient l'objet de mesures éducatives depuis plus de deux ans, comme le souligne un rapport de l'Inspection générale de la justice, saisie par la Chancellerie.
Amis depuis le collège et voisins dans la même résidence, ils étaient coutumiers des vols et extorsions violentes et ont commis leurs premiers délits autour de l'âge de 12-13 ans. Ce rapport a pointé des carences dans le suivi judiciaire, éducatif et de soins des assaillants présumés, aux parcours familiaux et scolaires souvent chaotiques. L'un d'eux a même continué à se montrer violent en détention.
Une étape importante du processus judiciaire selon l'avocate de la famille
La clôture de l'instruction « est une étape importante du processus judiciaire qui vient de s'achever », a souligné Me Sabrina Goldman, l'une des avocates de la famille d'Elias, sollicitée par l'AFP. Ces investigations « ont fait la lumière sur les contours de la culpabilité des auteurs de la mort d'Elias », a-t-elle poursuivi, espérant « que le procès pourra se tenir rapidement, afin que chacun des mis en cause réponde de ses actes ». Interrogée par l'AFP, Me Laura Taton, avocate de l'un des deux mis en examen, n'a pas souhaité commenter. Les autres avocats n'ont pas donné suite dans l'immédiat.
Ce cas tragique continue de soulever des questions cruciales sur l'efficacité du système judiciaire pour les mineurs et la prévention de la violence chez les jeunes, mettant en lumière les lacunes persistantes dans le suivi des individus à risque.



