Le 12 juin 2026, Lyhanna, 5 ans, est décédée dans un appartement de Montpellier, victime de violences répétées. Sa mère et le compagnon de celle-ci ont été mis en examen pour meurtre. Ce drame soulève des questions sur le fonctionnement de la justice des mineurs et de la protection de l'enfance en France.
Un signalement ignoré
Selon les informations recueillies par Le Monde, plusieurs signalements avaient été faits aux services sociaux concernant la situation de Lyhanna. En janvier 2026, une voisine avait alerté le 119, le numéro national de l'enfance en danger. Une enquête sociale avait été ouverte, mais elle n'a pas empêché le drame. « Il y a eu un défaut de coordination entre les différents acteurs », estime Me Sophie B., avocate de la famille.
Une justice sous pression
Les juges des enfants, en première ligne, dénoncent des conditions de travail dégradées. « Nous sommes submergés par des dossiers, avec des effectifs insuffisants », explique un magistrat spécialisé sous couvert d'anonymat. Le nombre de juges des enfants a diminué de 5 % depuis 2020, tandis que les saisines ont augmenté de 15 % sur la même période, selon des chiffres du ministère de la Justice.
Des moyens insuffisants
Le collectif « Stop à la maltraitance infantile » a recensé 47 décès d'enfants liés à des violences intrafamiliales en 2025. « Chaque mort évitable est un échec de notre système », déplore sa présidente, Claire M. « Il faut des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux. » Le gouvernement a annoncé un plan de recrutement de 200 éducateurs spécialisés, mais les associations jugent cette mesure insuffisante.
Des pistes pour améliorer la protection
Des voix s'élèvent pour réclamer une réforme en profondeur. Parmi les propositions : la création d'un parquet spécialisé dans les violences intrafamiliales, le doublement du nombre d'investigations sociales, et la mise en place d'un suivi systématique des enfants signalés. « Il faut regarder en face ce que produit une justice sous tension permanente », écrit l'éditorialiste du Monde. Le procès des mis en cause devrait avoir lieu en 2027.



