Un contrôle routier qui tourne au drame à Monaco
Le tribunal correctionnel de Monaco a rendu un verdict sévère dans une affaire de violences sur agent de la force publique. Un Monégasque de 36 ans, employé dans une grande entreprise de la principauté, a été condamné à 3 ans de prison dont 2 avec sursis pour avoir agressé un policier lors d'un contrôle routier en juillet 2023.
Les faits : une agression d'une rare violence
Les événements se sont déroulés le 26 juillet 2023 en fin de journée au niveau de l'échangeur Saint-Roman, un point de contrôle fréquent situé à la frontière avec Roquebrune-Cap-Martin. L'agent de la Sûreté publique avait stoppé un véhicule dont le prévenu était passager.
L'homme, visiblement ivre après une après-midi festive, est sorti du véhicule pour venir à la rencontre du policier. La situation a alors rapidement dégénéré :
- Le prévenu, avec son physique imposant, a saisi le policier
- Il l'a poussé violemment vers le sol
- Il lui a maintenu la tête et l'a plaqué contre une rambarde
- La rambarde surplombait un vide de 10 mètres
- Plusieurs passants ont dû intervenir pour séparer les deux hommes
Le témoignage glaçant du policier agressé
Me Christophe Sosso, avocat de la partie civile, a décrit une scène qui aurait pu avoir une issue tragique : "Le prévenu s'en sort bien car il aurait pu faire chuter ce policier. Celui-ci s'est vu mourir. On pourrait être dans un tribunal criminel".
Le policier, qui compte 18 ans d'expérience, a subi des contusions physiques mais surtout un traumatisme psychologique important. Il n'a toujours pas pu reprendre son service depuis les faits, selon les informations présentées au tribunal.
Trois ans d'instruction et des positions contradictoires
Durant les trois années d'instruction, le prévenu a adopté plusieurs positions :
- Il a d'abord plaidé la légitime défense
- Il a porté plainte contre le policier et un collègue, affirmant avoir été victime de coups lors du trajet vers le lieu de garde à vue
- Ces deux plaintes ont été classées sans suite en janvier 2026
- En fin d'audience, il a finalement exprimé des regrets et remis en cause son attitude
Un antécédent judiciaire révélateur
Le dossier a révélé que le prévenu avait déjà un antécédent judiciaire en 2020 pour rébellion contre un policier. Cet élément a pesé dans la décision du tribunal.
Le ministère public, représenté par la substitut Emmanuelle Carniello, avait requis 3 ans de prison dont 1 an avec sursis sous le régime de la liberté d'épreuve, avec obligations de se soigner et d'indemniser la partie civile.
La défense : des circonstances atténuantes invoquées
Me Maeva Zampori, avocate de la défense, a plaidé pour son client, père de famille, qui "reconnaît ses torts". Elle a notamment souligné :
- Son client regrette d'être sorti du véhicule
- Il critique l'attitude "discutable" de l'agent
- "Il a perdu son sang-froid, a mis de l'huile sur le feu en s'énervant directement plutôt que d'apaiser la situation"
- "Mon client a réagi par peur"
Le verdict et ses conséquences
Le tribunal a finalement prononcé une peine plus sévère que celle requise par le parquet :
- 3 ans de prison dont 2 avec sursis
- Obligations de soins
- Obligations d'indemniser la partie civile
- Versement de 1.500 euros de provision en attendant une expertise médicale ordonnée par les juges
La défense a immédiatement fait appel de cette décision, ce qui signifie que l'affaire n'est pas encore définitivement jugée.
Contexte : une série d'affaires similaires à Monaco
Cette condamnation intervient quelques jours après celle d'une ingénieure roquebrunoise de 34 ans pour son "coup de sang" envers 4 agents de la Sûreté publique. Ces affaires successives mettent en lumière les tensions qui peuvent survenir lors des contrôles de police dans la principauté, particulièrement au niveau des points frontaliers comme l'échangeur Saint-Roman.
L'affaire rappelle également qu'en mars 2026, un autre Monégasque de 27 ans avait été condamné pour la 21ᵉ fois, notamment pour insultes à policier et saluts nazis, démontrant que les violences contre les forces de l'ordre constituent un problème récurrent à Monaco.



