Un récidiviste monégasque condamné pour la vingt-et-unième fois
Le tribunal correctionnel de Monaco a une nouvelle fois condamné Jocelyn(*), un Monégasque de 27 ans, à une peine de prison ferme. Cet individu, dont le casier judiciaire compte déjà vingt condamnations depuis 2013, a été reconnu coupable d'outrage à agent de la force publique et d'exhibition de gestes obscènes et de saluts nazis, notamment pendant son interpellation.
Des faits graves filmés par les caméras de surveillance
Les événements se sont déroulés fin janvier 2026, non loin du stade Louis-II. En état d'ébriété, Jocelyn a contacté par téléphone les services de police de la Sûreté publique pour se plaindre de la présence de supporters de la Juventus de Turin, à l'occasion d'un match de Ligue des Champions. Après une réponse jugée insatisfaisante, il a insulté le brigadier en le traitant de "gros pd" et en lui ordonnant de "fermer sa gueule".
Devant les caméras de vidéosurveillance, il a ensuite multiplié les provocations : doigts d'honneur, exhibition de ses parties génitales et saluts nazis répétés. Ces gestes ont persisté pendant son interpellation. Interrogé sur ses actes, le prévenu s'est contenté de répondre : "Ça va, y a pas mort d'homme".
Une addiction à l'alcool invoquée en défense
Lors de l'audience, Jocelyn a immédiatement invoqué ses problèmes d'alcoolisme, qu'il peine à surmonter, contrairement à sa dépendance à la cocaïne dont il affirme s'être libéré. "Quand je ne bois pas, il n'y a pas de soucis", a-t-il déclaré au juge.
Le président du tribunal, Florestan Bellinzona, lui a rétorqué avec une certaine lassitude : "Personne ne vous met un fusil sur la tempe pour vous obliger à boire". Le magistrat a souligné que, malgré les nombreuses aides proposées par la justice monégasque, aucune progression notable n'était visible dans son comportement.
Un parcours judiciaire marqué par la récidive
Jocelyn comparaissait détenu, purgeant déjà une autre peine de prison. Sans emploi et bénéficiant du statut de travailleur handicapé, il espérait une prochaine commission de la Direction de l'Action et de l'Aide sociales pour entamer un parcours de réinsertion à sa sortie de la maison d'arrêt de Monaco. "Je veux rendre fiers mes parents", a-t-il affirmé, ses parents adoptifs présents dans la salle d'audience.
Le premier substitut du procureur général, Frédéric Cousin, a exprimé des doutes sur sa capacité à s'intégrer dans la société : "Si vous ne respectez pas l'interdit pénal, si vous ne réglez pas vos problématiques d'alcool, votre vie se réduira à la prison". Il a requis six mois de prison ferme.
La défense plaide pour une approche médicale
Me Sarah Filippi, l'avocate de Jocelyn qui le suit depuis ses premières frasques alors qu'il était mineur, a défendu une vision différente. Elle a insisté sur les progrès réalisés, notant l'absence de violences physiques récentes et une addiction à l'alcool plus modérée. "Jocelyn n'a pas sa place dans un tribunal, ni en prison", a-t-elle plaidé, estimant que ses difficultés relevaient davantage d'une maladie que de la délinquance.
Pour elle, la solution passe par une réinsertion professionnelle et une aide psychologique pour l'aider à comprendre ses racines et ses origines. "La solution, il l'a en lui", a-t-elle affirmé.
Une condamnation malgré des excuses
En dernier lieu, Jocelyn a présenté ses excuses au policier outragé et au tribunal. Après délibération, le tribunal l'a déclaré coupable et l'a condamné à deux mois de prison ferme, une peine inférieure à celle requise par le parquet. "Merci", a-t-il murmuré avant d'être reconduit en cellule.
Cette affaire illustre les difficultés rencontrées par la justice face à des récidivistes aux problématiques complexes, mêlant addiction et passages à l'acte répétés, dans le cadre restreint de la Principauté de Monaco.
(*) Le prénom a été modifié.



