Enquête ouverte pour menaces de mort d'un sénateur LR contre une journaliste
Menaces de mort d'un sénateur LR contre une journaliste : enquête ouverte

Une enquête judiciaire ouverte après des menaces de mort proférées par un sénateur

Le parquet de Paris a officiellement annoncé l'ouverture d'une enquête à la suite de la plainte déposée par la journaliste Nassira El Moaddem. Cette plainte vise le sénateur Les Républicains et ancien maire du Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, Thierry Meignen, pour des menaces de mort qu'il aurait formulées à son encontre. L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la direction de la police judiciaire parisienne, a précisé le parquet interrogé par l'Agence France-Presse.

Des propos violents rapportés dans la presse

Nassira El Moaddem, autrice du livre-enquête Main basse sur la ville, avait porté plainte avec son éditeur Stock le 24 mars dernier. Cette démarche faisait suite à des propos de Thierry Meignen rapportés la veille dans le quotidien Le Monde. Le sénateur y aurait déclaré : « Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J'irai au bout, elle va mourir, je la tue ». Des paroles qualifiées de menaces de mort explicites par la plaignante.

Le contexte d'une enquête journalistique sensible

Dans son ouvrage Main basse sur la ville, la journaliste retrace les deux mandats de Thierry Meignen, qui avait conquis en 2014 cette ville traditionnellement tenue par les communistes. Elle y dénonce plusieurs pratiques controversées :

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  • Des attributions douteuses de marchés publics
  • Une chasse aux sorcières visant l'ancienne équipe municipale
  • Des relations de copinage avec l'extrême droite

Le 26 mars, le président du Sénat Gérard Larcher a saisi le président du comité de déontologie de la chambre haute, répondant ainsi aux demandes des élus écologistes et socialistes.

La réaction de la journaliste et ses inquiétudes

« Je suis satisfaite qu'une enquête soit ouverte par le parquet suite aux menaces de mort de Thierry Meignen, et que la justice commence à faire son travail », a déclaré Nassira El Moaddem à l'AFP. Cependant, elle exprime une profonde préoccupation : « En revanche, je suis toujours aussi choquée de l'absence de réaction du gouvernement qui interroge sur la sincérité de son engagement à protéger les journalistes. Quel signal envoie-t-il lorsqu'il décide de ne pas se positionner et d'ignorer les menaces de mort d'un sénateur envers une journaliste ? »

La journaliste poursuit en s'interrogeant sur les conséquences potentielles de ce silence : « Est-ce qu'il ne donne pas un blanc-seing à ceux et celles qui demain se sentiraient légitimés à des agressions physiques et qui, sur les réseaux, me harcèlent d'innombrables injures racistes quotidiennement ? J'ai été suivie, intimidée, mon matériel professionnel volé devant l'école de mes enfants pendant l'enquête. Quelle est la prochaine étape ? »

Contacté par l'AFP, le sénateur Thierry Meignen n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations. Cette affaire met en lumière les tensions entre le monde politique et le journalisme d'investigation, ainsi que les questions de protection des journalistes face aux menaces.

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