Une mandataire judiciaire de 65 ans soupçonnée d'abus de confiance aggravé
Une femme de 65 ans, ancienne mandataire judiciaire à la protection des majeurs en Gironde, est actuellement poursuivie pour abus de confiance aggravé. Elle est suspectée d'avoir indûment utilisé les cartes bancaires de personnes majeures protégées qu'elle accompagnait dans le cadre de ses fonctions professionnelles. Le préjudice financier total est estimé à plus de 122 000 euros.
Des victimes âgées ou handicapées en établissements spécialisés
Les victimes présumées, au nombre de seize, sont des personnes âgées résidant en maisons de retraite ou des personnes souffrant de handicap vivant en foyers. Trois d'entre elles sont aujourd'hui décédées. Ces individus, en situation de vulnérabilité, bénéficiaient d'une mesure de protection juridique, une procédure destinée à les accompagner dans l'exercice de leurs droits au quotidien.
Une enquête déclenchée par une plainte de l'Udaf de la Gironde
L'affaire a éclaté en novembre 2025 lorsqu'une remplaçante de la salariée, alors en arrêt maladie, a signalé des anomalies dans la gestion des comptes. En reprenant les dossiers, elle a constaté un nombre important de retraits d'argent et d'achats en magasin effectués avec les cartes bancaires des personnes protégées. L'Udaf de la Gironde, employeur de la sexagénaire à l'époque, a déposé plainte et ouvert une enquête interne.
Les investigations, confiées à la brigade financière de la division de la criminalité territoriale (DCT), ont permis de retracer les agissements de la mandataire judiciaire sur une période allant de début 2022 à fin 2025. L'enquête n'a cependant pas mis en évidence d'enrichissement personnel significatif de l'intéressée.
Interpellation et procédure judiciaire en cours
La suspecte a été interpellée à son domicile, au sud de Bordeaux, le 4 mars. Placée en garde à vue, elle a été déférée au parquet le 5 mars et est renvoyée devant le tribunal correctionnel. Son procès est fixé au 4 septembre prochain. En attendant, elle a été placée sous contrôle judiciaire.
En garde à vue, la sexagénaire a nié tout comportement abusif, affirmant n'avoir retiré de l'argent ou réalisé des achats qu'à la demande des personnes qu'elle suivait, pour leur rendre service. Elle bénéficie à ce stade de la présomption d'innocence.
Un contexte national de vulnérabilité croissante
Cette affaire intervient dans un contexte où près d'un million de personnes majeures en France sont en situation de vulnérabilité due à l'âge, un handicap ou une maladie, et bénéficient d'une mesure de protection juridique. Selon le ministère du Travail et des Solidarités, « ce besoin d'accompagnement devrait doubler d'ici à 2040 ».
Actuellement, la moitié de ces personnes est suivie par leur famille, l'autre moitié par des mandataires judiciaires à la protection des majeurs, des professionnels dont la mission est précisément d'accompagner et de protéger les bénéficiaires. Ce cas met en lumière les risques potentiels liés à ces fonctions de confiance.



