Un homme de 39 ans, en contact avec Dominique Pelicot, sera jugé ce jeudi 11 et vendredi 12 juin 2026 à Lyon pour avoir drogué et violé sa compagne, tout en la filmant à son insu pour diffuser les images en ligne. Il conteste les faits.
Des conseils glanés sur le web
L'accusé, garde du corps de profession, était « désireux de bénéficier de l'expérience de M. Pelicot » pour endormir sa conjointe avant d'en abuser, selon les enquêteurs. Son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara, nuance : « L'intérêt premier sera de déterminer s'il y a eu des liens nourris entre M. Pelicot et mon client, laissant penser que l'un est le mentor de l'autre. » Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme droguée à des inconnus, ne sera pas présent au procès, selon son avocate Béatrice Zavarro.
Des aveux rétractés
Après de premiers aveux, l'accusé est revenu sur ses propos et clame désormais son innocence. L'enquête a débuté le 12 septembre 2020, lors de l'arrestation de Dominique Pelicot dans un supermarché de Carpentras : dans son téléphone, des échanges avec un homme proposant de venir à Lyon pour droguer et violer sa femme. Ce n'est que le 13 juin 2023 que le suspect a été placé en garde à vue. Lors de la perquisition, de nombreux clichés montrant « sa femme dénudée » ont été retrouvés dans son téléphone, ainsi que des vidéos prises dans l'intimité de leur chambre depuis le début de leur relation en 2015.
Des « trous noirs » et des sédatifs
Sur certaines vidéos, la victime apparaît inconsciente alors que l'accusé entreprend des actes sexuels. Lors de sa première audition, il a reconnu un viol et une agression sexuelle après avoir drogué sa compagne avec un somnifère. La plaignante a déclaré avoir connu une période de grande fatigue entre 2020 et 2023, avec des « trous noirs » après s'être endormie. Dans un coffre-fort auquel elle n'avait pas accès, de puissants sédatifs ont été retrouvés. Désormais, le mis en cause évoque un « jeu sexuel » avec sa compagne, mais sur une vidéo, il cesse brusquement ses actes alors que la victime esquisse un bref réveil.
L'absence de consentement
Les magistrats instructeurs ont conclu que « l'endormissement profond » de la jeune femme « exclut toute forme de consentement et caractérise la surprise ». L'enquête a montré que l'accusé conversait en ligne avec d'autres hommes pour savoir comment droguer sa femme afin de la violer ou de « l'offrir » à son insu. Parmi eux, l'ex-mari de Gisèle Pelicot, avec lequel le Lyonnais a assuré avoir interrompu sa correspondance en comprenant qu'il « n'était pas seulement dans le fantasme ».
Des profils fictifs et des contenus pédopornographiques
La victime a accepté que le procès ne se tienne pas à huis clos, mais elle ne souhaite pas s'exprimer publiquement, selon son avocate Me Julia Studient. Outre le viol sous soumission chimique, l'accusé est accusé d'avoir créé de faux profils sur le site de rencontres coco (fermé par la justice) sous l'identité de sa compagne et d'y avoir posté des photos et vidéos volées d'elle nue. Elle a déclaré que des hommes se sont rendus devant son lieu de travail, pensant avoir « rendez-vous ». Enfin, la cour devra examiner les nombreux contenus pédopornographiques détenus par l'accusé, qui a plaidé tantôt une « curiosité mal placée », tantôt des « moments d'égarement ». Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.



