Marine Le Pen a estimé dimanche que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, « aurait dû présenter sa démission » dans le cadre de l'affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans tuée dans le Gers. La leader du Rassemblement national a pointé la « responsabilité essentielle » du politique dans ce drame.
Une responsabilité politique engagée
Intervenant sur le plateau de « Dimanche en politique » sur France 3, Marine Le Pen a déclaré : « La responsabilité essentielle, c’est celle du politique. Je n’ai pas obligatoirement une passion générale et absolue pour la magistrature mais il se trouve que, dans cette affaire-là, je pense que le politique a une très grande responsabilité, et je vois bien la manière dont il cherche à renvoyer la balle à d’autres. »
La députée du Pas-de-Calais a également critiqué les réformes menées par Gérald Darmanin lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, notamment celle concernant la police judiciaire, qu'elle a qualifiée de « catastrophe ».
Des moyens supplémentaires pour la justice
Marine Le Pen a insisté sur la nécessité d'accorder davantage de moyens à la justice : « Il faut des moyens supplémentaires. Car, contrairement à ce que dit le président de la République, il y a un problème de moyens de la justice pour une raison très simple, c’est qu’en réalité, la classe politique est dans le déni face à l’explosion de la criminalité, et notamment l’explosion de la criminalité qui touche les enfants. »
Interrogée sur la proposition du RN de doubler le nombre de magistrats pour atteindre 20 000, elle a répondu : « Je pense qu’il faut que ce soit toujours au programme. » Elle a également plaidé pour la création d'un parquet et de services d'enquête spécialisés dans les mineurs victimes.
Les propositions de Jordan Bardella
Le président du RN, Jordan Bardella, a lui aussi réagi sur BFMTV dimanche soir, estimant que la justice française souffrait d'« un problème d’idéologie » et qu'il fallait « changer la philosophie » et « changer l’échelle des peines ». Il a notamment proposé qu'« il ne doit plus y avoir d’aménagement de peine lorsqu’on touche à l’intégrité physique de quelqu’un et qu’on est condamné à plus de six mois de prison ferme ». Et lorsque la victime est un « profil vulnérable », « il doit y avoir des circonstances aggravantes ».
Jordan Bardella a également plaidé pour rendre « la perpétuité réelle incompressible dans le droit français » pour « ce type de prédateurs », en référence à l'affaire Lyhanna.
Un appel à la démission
Marine Le Pen a estimé que Jordan Bardella « a eu raison » de dire que Gérald Darmanin « aurait dû, à tout le moins présenter sa démission au président de la République, qui en aurait fait après tout ce qu’il veut. Mais il aurait dû le faire ». Elle a justifié cette position en expliquant qu'« un des grands reproches faits par les Français aujourd’hui, c’est que plus personne n’est jamais responsable de rien en politique ».



