La possible libération de Mohamed Bakkali, logisticien des attentats du 13 novembre 2015, provoque une vive émotion en France et en Belgique
La perspective de la libération prochaine de Mohamed Bakkali, condamné pour son rôle de logisticien dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, suscite une onde de choc parmi les victimes et les autorités des deux côtés de la frontière. Cet homme, considéré comme l'un des maillons essentiels de la cellule terroriste ayant perpétré les attaques, pourrait retrouver la liberté dans les semaines à venir, ravivant des souvenirs douloureux et des inquiétudes sécuritaires.
Un parcours judiciaire complexe
Mohamed Bakkali, de nationalité belge, a été arrêté en novembre 2015 à Anderlecht, en Belgique. Il était soupçonné d'avoir fourni des armes et des logements aux commandos terroristes. En 2022, il a été condamné par la cour d'assises spéciale de Paris à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 20 ans. Cependant, la justice belge, compétente pour une partie des charges, a prononcé une peine moins lourde, ouvrant la voie à une possible libération anticipée.
Les avocats de Bakkali ont déposé une demande de libération conditionnelle, arguant que leur client a purgé une partie significative de sa peine et qu'il présente des garanties de réinsertion. Cette demande a été accueillie favorablement par un tribunal belge, provoquant l'indignation des parties civiles françaises et belges.
Réactions des victimes et des autorités
Les associations de victimes des attentats du 13 novembre ont exprimé leur colère et leur incompréhension. Pour elles, la libération de Bakkali serait une insulte à la mémoire des 130 personnes tuées et des centaines de blessés. "C'est une douleur qui ne s'éteint jamais", confie une rescapée. "Voir celui qui a aidé les terroristes sortir de prison si tôt est insupportable."
Les autorités françaises ont également réagi vivement. Le ministre de la Justice a déclaré que la France ferait tout son possible pour s'opposer à cette libération, en utilisant les voies diplomatiques et juridiques. De son côté, le parquet fédéral belge a indiqué qu'il examinerait la possibilité de faire appel de la décision.
Les implications sécuritaires
Au-delà de l'aspect émotionnel, cette libération potentielle soulève des questions de sécurité. Mohamed Bakkali est considéré comme un individu radicalisé et dangereux. Les services de renseignement craignent qu'il ne puisse reprendre contact avec des réseaux terroristes ou inspirer de nouvelles attaques. La coordination entre les polices française et belge est renforcée pour surveiller ses faits et gestes en cas de libération.
Des experts juridiques soulignent que la décision belge pourrait créer un précédent fâcheux pour d'autres affaires de terrorisme transnational. "Cela montre les limites de la coopération judiciaire européenne", estime un spécialiste. "Chaque pays a ses propres règles, et cela peut mener à des situations où les peines ne sont pas harmonisées."
Le poids de la mémoire
Pour les familles des victimes, cette annonce rouvre des blessures jamais vraiment refermées. Elles appellent à une manifestation de solidarité et de soutien, et demandent aux autorités de tout mettre en œuvre pour empêcher cette libération. Des rassemblements sont prévus devant les ambassades de Belgique à Paris et à Bruxelles.
Alors que la décision finale est attendue dans les prochains jours, la France et la Belgique sont en alerte. Le cas de Mohamed Bakkali illustre les défis de la lutte antiterroriste et la difficulté de concilier justice, sécurité et respect des droits de la défense.



