Le fait du jour
Un deuxième front peut-il s'ouvrir au nord pour l'Ukraine ? Elle le redoute en tout cas puisqu'elle a annoncé ce jeudi un renforcement de ses défenses à la frontière avec la Biélorussie. Ces mesures, qualifiées de « sans précédent par le nombre de forces et de ressources déployées » selon les services de sécurité (SBU), visent à constituer un moyen de dissuasion efficace contre toute action agressive de l'ennemi russe et de son allié biélorusse. Ces opérations prévoient notamment des contrôles renforcés pour empêcher l'ennemi de s'infiltrer dans les zones frontalières, de mener des activités de sabotage et terroristes, ou de conduire des opérations subversives et de renseignement.
Lundi, le Kremlin avait balayé les allégations ukrainiennes selon lesquelles Moscou s'apprêtait à impliquer Minsk dans le conflit. Mais ce jeudi, Alexandre Loukachenko, le président biélorusse et grand ami de Vladimir Poutine, a tenu des propos ambigus : il a déclaré que son pays ne représentait « aucune menace pour qui que ce soit », mais il a aussi ajouté qu'il était prêt à défendre la Russie « par tous les moyens possibles ».
La déclaration du jour
« Il y a beaucoup de pays qui ne dépensent pas assez pour soutenir l'Ukraine », a reproché Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan. Selon lui, le soutien n'est pas réparti également au sein de l'Otan et se concentre sur un nombre restreint de pays, dont la Suède, qui se surpasse vraiment, ainsi que le Canada, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège.
Le chiffre du jour
800 kilomètres. C'est la distance qui sépare le front de la région russe occidentale de Samara, où une attaque de drones ukrainiens « longue portée », visant des installations pétrolières selon Kiev, a fait deux morts.
La tendance du jour
À défaut d'intégrer rapidement l'Union européenne, l'Ukraine peut mettre un pied dans la porte. C'est ce que propose le chancelier allemand Friedrich Merz, dans une lettre aux dirigeants des Vingt-Sept. « Il est évident que nous ne serons pas en mesure de mener à bien le processus d'adhésion dans un avenir proche, compte tenu des innombrables obstacles ainsi que des complexités politiques des procédures de ratification », écrit-il. En conséquence, Berlin propose d'accorder à Kiev un statut de « membre associé », une étape décisive avant une adhésion pleine et entière.
Reste à savoir si cette proposition rencontrera l'assentiment de Volodymyr Zelensky, qui s'est toujours montré réticent aux différentes idées visant à le faire patienter sur la voie de l'adhésion. Il sera aussi difficile de convaincre le Premier ministre nationaliste slovaque, Robert Fico. « Soit on accepte quelqu'un, soit on ne l'accepte pas », a-t-il déclaré ce jeudi.



