C'est désormais officiel : le prochain Championnat du monde de Pelote basque, toutes spécialités et toutes modalités, se déroulera bien en Argentine, à Buenos Aires, et en Uruguay, à Colonia, du 15 au 24 octobre 2026. En local, après de nombreux questionnements sur la faisabilité de l'événement, l'annonce de la Fédération internationale (FIPV) a fait taire les suspicions sur un éventuel déplacement de la compétition en Europe. Sans bruit, depuis de longs mois, les responsables de l'organisation s'activent, en relation avec les autorités concernées, pour donner à ce rendez-vous un rayonnement sans précédent en Amérique du Sud. Le président de la FIPV, Xavier Cazaubon, de passage en France, s'en explique.
Un choix historique pour l'Amérique latine
Organiser le Mondial dans ces deux pays d'Amérique latine n'a pas été sans difficultés. Depuis 1952, l'Argentine n'a jamais pu, pour différentes raisons, organiser un Championnat du monde toutes catégories. Pourtant, ce pays a une importance capitale pour la pelote basque. La Fédération Internationale y a été créée en 1929, la paleta y a été inventée, de même que la Cesta punta. En France, jusqu'à il y a peu, le xare portait le nom de raquette argentine. Et comment ne pas souligner l'extraordinaire qualité des joueurs et joueuses argentins qui ont marqué l'histoire de ce sport, de Juan Labat à Facundo Andreassen en passant par Utge, Shether, Bizzozero ou Ross, pour n'en citer que quelques-uns.
Un pari risqué mais tenu
Dans un contexte de crises économiques qui secouent ce pays à intervalles réguliers, la décision prise en assemblée générale en 2022 pouvait paraître un pari risqué, d'autant que nous avons dû à deux reprises changer de sites, afin d'obtenir toutes les garanties nécessaires que nous donnent Buenos Aires et sa voisine Colonia, en Uruguay. Je remercie très sincèrement le président de la fédération Argentine, Pablo Lambardi, sans qui rien n'aurait été possible, mais aussi le secrétaire d'État aux Sports, le président du Comité olympique et le gouverneur de Colonia pour leur soutien sans faille. Ensemble, nous avons collectivement relevé le défi.
Le rêve des 3B se réalise
Ce Mondial en Argentine, Xavier Cazaubon y pensait depuis plus de dix ans. Effectivement, en 2014, il parlait du rêve des 3B pour organiser les Championnats du monde, à savoir Barcelone (2018), Biarritz (2022) et Buenos Aires (2026). Pari tenu, sans compter que nous avions rajouté, également en 2022, un quatrième B, avec Bilbao, qui accueillera la compétition en 2030. Quatre villes de marque mondiale dont trois qui ne l'avaient jamais organisé.
Réactions et rumeurs
Que vous inspirent les commentaires autour de ce choix ? Après douze ans de présidence à la FIPV, plus rien ne me surprend. Il existe dans notre sport, comme partout, des gens qui vous expliquent la réalité argentine, mexicaine ou latino-américaine, sans avoir mis les pieds une seule fois dans ces régions du monde ou, dans le meilleur des cas, uniquement quelques jours dans une vie. En ce qui me concerne, je ne peux parler que de ce que je vis, depuis trente-trois ans sur ce continent. Ce que je retiens également, c'est que j'ai reçu, ces derniers mois, un nombre incroyable de messages sur mon portable, par e-mail, sur les réseaux sociaux ou plus directement, de la part de personnes qui, souvent, la mine grave, me demandaient : « Alors, et ce Mondial, ça va ? », « ça va se faire ? », « ça avance ? », « on dit que… », « il parait que… ». Bref, toutes les rumeurs les plus folles ont couru. Depuis l'Espagne, on a demandé ma démission et on nous annonçait, tantôt à Biarritz, tantôt à Pau, où se seraient déroulées de supposées réunions secrètes. Pendant ce temps, nous étions au travail en Argentine et en Uruguay. En revanche, je suis sûr que personne ne sera incrédule quant à la réalisation du Mondial à Bilbao, en 2030.
Suivi de l'événement depuis l'Europe
Comment pourra-t-on suivre cet événement depuis l'Europe ? Je me réjouis que France Télévisions, par le biais d'Estelle Laurent, Sport en France (la chaîne du CNOSF) ou EITB, avec Joseba Urkiola, nous aient déjà demandé des rencontres en « prime time », en l'occurrence les demi-finales et les finales, chaque groupe TV se concentrant sur tout ou certaines spécialités. Il en va de même via les médias locaux du groupe « Sud Ouest », avec TVPI, et la radio Ici Pays basque, mais aussi « Grupo Formula » au Mexique et des groupes de télévision publique et privée en Argentine et en Uruguay. Savoir faire, certes, mais faire savoir d'abord. Avec une nouveauté en prime, puisque nous allons également diffuser le Mondial en Asie.



