Le "violeur au tournevis" pourrait légaliser la recherche généalogique génétique
Boris Séméniako, surnommé le "violeur au tournevis", pourrait entrer dans la postérité pour une raison inattendue. Son nom ne restera pas seulement associé à un horrible fait divers survenu dans la banlieue de Poitiers en 2015, longtemps non élucidé, mais aussi à une avancée majeure dans le domaine de la recherche généalogique génétique.
Un tournant dans l'approche française de la bioéthique
Plus qu'une simple amélioration des techniques d'enquête policière, cette évolution représente un basculement significatif dans l'approche jusqu'ici très prudente de la France en matière de bioéthique et de génétique. Le projet de loi SURE, dont la dernière version a été déposée au Conseil d'État le jeudi 19 février, pourrait être examiné en conseil des ministres courant mars.
Le garde des sceaux prévoit d'introduire un article spécifique qui autoriserait le recours à la généalogie génétique. Cet article permettrait aux enquêteurs de consulter, sous contrôle judiciaire strict, des bases de données privées pour les crimes les plus graves.
Une annonce officielle et des soutiens institutionnels
Le 18 octobre 2025, Gérald Darmanin s'était déplacé en personne au tribunal judiciaire de Nanterre. Il y a rencontré les équipes du Pôle national des crimes sériels ou non élucidés, communément appelé "pôle cold cases". Lors de cette visite, il a annoncé qu'il réfléchissait à un texte de loi visant à sécuriser juridiquement ces nouvelles techniques de recherche.
Yves Badorc, procureur de la République de Nanterre, a souligné l'importance de ces avancées. "Ces avancées sont importantes pour nous mais aussi pour les demandes formulées par les victimes, les proches, les avocats", a-t-il rappelé, mettant en lumière l'impact potentiel sur la justice et les parties prenantes.
Les implications potentielles de cette réforme
Si ce projet de loi est adopté, il pourrait transformer radicalement les méthodes d'investigation criminelle en France. Les enquêteurs pourraient accéder à des outils généalogiques génétiques pour résoudre des affaires complexes, notamment :
- Les crimes non élucidés de longue date
- Les affaires sérielles particulièrement graves
- Les dossiers où les preuves traditionnelles sont insuffisantes
Cependant, cette proposition soulève également des questions éthiques importantes concernant la protection des données personnelles et les limites de l'utilisation de la génétique dans le cadre judiciaire.



