Justice : le serment trahi, des magistrats accusent
Justice : le serment trahi, des magistrats accusent

Un collectif de magistrats a publié une tribune choc dans laquelle ils accusent l'exécutif de bafouer le serment judiciaire. Selon eux, l'indépendance de la justice est menacée par des ingérences politiques croissantes. Le texte, signé par plus de 200 juges et procureurs, dénonce une « trahison du serment » qui oblige les magistrats à rendre une justice impartiale.

Des pressions politiques dénoncées

Les magistrats pointent du doigt des nominations controversées à des postes clés, ainsi que des instructions informelles venues du ministère de la Justice. « Nous assistons à une politisation rampante de l'institution judiciaire », affirme l'un des signataires, sous couvert d'anonymat. « Le serment que nous avons prêté est celui de servir la loi, pas un parti ou un gouvernement. »

Selon un sondage réalisé par l'IFOP pour le syndicat de la magistrature, 68 % des juges estiment que leur indépendance s'est dégradée au cours des cinq dernières années. Ce chiffre illustre un malaise profond au sein de la profession.

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Des affaires emblématiques

La tribune cite plusieurs dossiers récents où des magistrats auraient subi des pressions pour orienter leurs décisions. Parmi eux, l'affaire dite « des écoutes » où des juges d'instruction auraient été sommés de classer sans suite des enquêtes sensibles. « On nous demande parfois de fermer les yeux sur certaines affaires impliquant des proches du pouvoir », déplore un procureur.

Le garde des Sceaux a réagi en dénonçant des « accusations infondées » et en rappelant que « la justice française est indépendante et le restera ». Cependant, les magistrats restent sceptiques. « Les paroles ne suffisent plus, il faut des actes », insiste le collectif.

Un appel à la réforme

Les signataires réclament une réforme en profondeur du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour garantir une réelle indépendance. Ils proposent notamment que les nominations des hauts magistrats soient soumises à un vote à la majorité qualifiée du Parlement, et non plus à la seule discrétion de l'exécutif.

Cette tribune intervient dans un contexte de tensions entre le gouvernement et les juges, notamment sur la réforme des retraites et la gestion des violences policières. « La justice ne peut pas être un instrument au service du pouvoir », conclut le texte.

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