Irlande : un propriétaire condamné pour avoir coupé l'eau à sa locataire
Irlande : propriétaire condamné pour coupure d'eau

En Irlande, un propriétaire a été condamné à verser 6 000 euros de dommages et intérêts à son ancienne locataire, après avoir tenté de l'empêcher d'accueillir son compagnon en lui coupant l'eau. Le jugement, rendu en août 2026 par l'instance d'arbitrage, a donné raison à la locataire, qui avait contesté la version du bailleur.

Une tentative de résiliation de bail à trois reprises

L'affaire s'est déroulée à Ticknevin, dans le comté de Kildare. Le propriétaire avait cherché à résilier le bail à trois reprises, entre mars et mai 2025. Il accusait le compagnon de la locataire d'avoir des comportements antisociaux au domicile, évoquant notamment une menace d'incendie criminel et un incident où du sang et un couteau avaient été retrouvés dans le logement. Le bailleur affirmait craindre pour la sécurité de ses proches et estimait que le conjoint résidait clandestinement sur place.

La locataire conteste et dénonce une coupure d'eau punitive

Devant le tribunal, la locataire a contesté toute cohabitation permanente, reconnaissant uniquement des visites occasionnelles de une à deux nuits par semaine. Elle a accusé son propriétaire de lui avoir coupé l'eau, l'obligeant à s'approvisionner chez des proches pour les besoins de ses enfants. Le propriétaire a nié, invoquant des travaux urgents liés à une fuite d'eau de 5 000 euros sur ses terres agricoles. La locataire a dénoncé une mesure punitive en rapport avec sa relation. Pour prouver sa bonne foi, elle a expliqué avoir elle-même sollicité la police locale et obtenu une ordonnance judiciaire restreignant l'accès de l'homme.

La justice tranche en faveur de la locataire

Cet élément a pesé lourd devant les juges, qui ont considéré que cela démontrait que la femme n'approuvait pas et ne consentait pas au comportement de son conjoint. Le tribunal a rappelé qu'il appartient au seul occupant de décider qui il reçoit chez lui. La justice a estimé que le propriétaire ne pouvait la tenir pour responsable des agissements d'un tiers qu'elle s'efforçait d'éloigner de son domicile.

Si la locataire a quitté volontairement le logement en août, le tribunal a estimé que ses derniers mois dans la maison avaient été affectés à la fois par la tentative de résiliation du contrat et par le manque d'eau. Il a donc ordonné au propriétaire de lui verser 6 000 euros de dommages et intérêts pour avoir manqué à son obligation de lui permettre de jouir du logement de manière "paisible et exclusive".