Un Alésien de 36 ans a été condamné à huit ans de prison, jeudi 27 août, par le tribunal d'Alès. Jugé en comparution immédiate pour trafic de stupéfiants et détention d'armes et de munitions en récidive, il a été interpellé après une surveillance dans le quartier de Rochebelle. Les enquêteurs ont notamment découvert 26 000 € en petites coupures et un fusil d'assaut M4 dans le conduit d'une cheminée de sa chambre.
Un ravitailleur actif jusqu'à trois fois par jour
Le 23 août, les forces de l'ordre ont reçu une information selon laquelle « Tchato », le surnom du prévenu, se livrerait à un trafic de stupéfiants. Dès le lendemain, les enquêteurs l'observent quitter son domicile en trottinette électrique avec un sac, en direction du point de deal de Rochebelle. Sur place, il remet un sac en plastique à un vendeur. Dans l'après-midi, il est interpellé avec une sacoche et des stupéfiants.
Lors de la perquisition, les policiers saisissent plus de 500 grammes de stupéfiants, dont de la cocaïne et du cannabis, un fusil d'assaut M4, une arme de catégorie C, 144 munitions, des balances, deux talkies-walkies, un brassard de police, un couteau, des sachets de congélation et tout le matériel nécessaire au conditionnement de la drogue. La trottinette électrique utilisée par le prévenu est également confisquée. Sa compagne reconnaît qu'il conditionnait les produits au domicile, mais assure qu'il ne le faisait pas devant les enfants.
Le prévenu reconnaît sa place dans le trafic
Le prévenu, qui se tourne régulièrement vers la dizaine de proches venus assister à son procès, admet sa place dans le trafic, mais refuse de livrer des noms. « Je reconnais être dans ce milieu, mais je ne peux pas parler. Toute ma famille habite à Alès. J'ai peur pour eux », explique-t-il. Il dit travailler pour le réseau depuis huit mois. « Au début, j'étais charbonneur à la sacoche. On m'a proposé de gagner plus, j'ai accepté. » Contacté sur les réseaux sociaux, il affirme avoir ravitaillé le point de deal jusqu'à trois fois par jour, pour 700 € toutes les trois semaines.
« Je ne savais pas que j'allais me retrouver avec des armes de guerre et cette quantité de cocaïne chez moi », soutient-il. Il affirme que le fusil de catégorie C appartient à son père et admet avoir conservé l'arme de catégorie A pendant six mois. « Je ne l'ai jamais touchée, je n'ai jamais tué personne avec. » Le président de l'audience, Vincent Edel, lui rappelle qu'une vidéo retrouvée dans son téléphone le montre avec cette arme.
Un casier judiciaire chargé et des réquisitions sévères
Sans emploi, au RSA et hébergé chez sa mère, le prévenu dit ne savoir ni lire ni écrire. Père de trois enfants, il attend que France Travail lui trouve un emploi. Son casier compte 14 condamnations entre 2007 et 2024, pour vols, violences, recel, refus d'obtempérer ou stupéfiants.
Le procureur Quentin Larroque dépeint « Rochebelle, aujourd'hui gangrené par le trafic de stupéfiants ». « Vous avez dans le box le ravitailleur », lance-t-il, évoquant « un cadre intermédiaire ». Il requiert six ans de prison avec maintien en détention, 5 000 € d'amende, quinze ans d'interdiction de port d'arme et la confiscation des scellés.
La défense dénonce une « justice expéditive »
Me Guillaume Garcia, avocat de la défense, dénonce une « justice expéditive ». Selon lui, les enquêteurs se sont arrêtés au premier suspect sans rechercher ses fournisseurs. « C'est le dindon de la farce. On veut le faire tomber », plaide-t-il. Pointant son client du doigt, l'avocat refuse d'en faire un cadre du trafic et le décrit comme « crédule et manipulable ». « Il y a de l'espoir. Il faut l'aider, le tenir. Je vous demande de la clémence. »
La décision tombe, plus lourde encore que les réquisitions : huit ans de prison avec maintien en détention, 5 000 € d'amende, quinze ans d'interdiction de porter une arme et la confiscation des scellés. À l'énoncé du jugement, le prévenu comme la dizaine de proches présents dans la salle restent sous le choc. Le condamné a depuis interjeté appel de cette décision.



