Le procureur général de Hongrie, Péter Polt, nommé en 2006 sous l'ancien Premier ministre Viktor Orban, a annoncé sa démission le 22 juillet 2026. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions politiques et de critiques sur l'indépendance de la justice en Hongrie.
Une démission attendue
Péter Polt, 68 ans, occupait le poste de procureur général depuis près de vingt ans. Sa démission a été officialisée par un communiqué du parquet général, sans préciser les raisons exactes de cette décision. Selon des sources proches du dossier, cette démission pourrait être liée à des pressions politiques croissantes.
Polt avait été nommé en 2006 par le Parlement hongrois, alors que Viktor Orban était Premier ministre. Depuis, il a été reconduit à plusieurs reprises, notamment en 2014 et 2022, avec le soutien de la majorité parlementaire du Fidesz, le parti d'Orban.
Un symbole de l'emprise d'Orban sur la justice
La démission de Polt est perçue par les opposants au gouvernement Orban comme un signe de l'affaiblissement de l'indépendance judiciaire. Des organisations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, ont régulièrement critiqué le manque d'autonomie du parquet hongrois. « Le départ de Polt est une occasion de restaurer l'indépendance de la justice, mais le gouvernement Orban a déjà montré qu'il ne tolère aucune opposition », a déclaré un porte-parole d'Amnesty International.
Selon un rapport de la Commission européenne de 2025, la Hongrie est l'un des pays où l'indépendance de la justice est la plus menacée au sein de l'Union européenne. Le rapport souligne que le procureur général n'a jamais enquêté sur des affaires impliquant des membres du gouvernement ou du parti Fidesz.
Les conséquences politiques
Cette démission intervient alors que la Hongrie est sous le coup de plusieurs procédures de l'UE pour violation de l'État de droit. Bruxelles a gelé des fonds européens destinés à la Hongrie en raison de ces préoccupations. La nomination d'un nouveau procureur général sera scrutée de près par les institutions européennes.
Selon un sondage réalisé en juin 2026 par l'institut Median, 62% des Hongrois estiment que la justice n'est pas indépendante du pouvoir politique. Ce chiffre est en hausse de 10 points par rapport à 2024.
Le successeur de Polt devra être nommé par le président de la République, actuellement Tamás Sulyok, sur proposition du Premier ministre. Viktor Orban, qui a retrouvé son poste de Premier ministre en 2025 après une brève période d'opposition, devrait proposer un candidat fidèle à sa ligne politique.



