Hélène Perlant, fille de Bayrou, publie 'Le Déni' sur les mécanismes du silence après l'affaire Bétharram
Hélène Perlant publie 'Le Déni' sur le silence après Bétharram

Hélène Perlant, fille de François Bayrou, publie 'Le Déni' sur les mécanismes du silence après l'affaire Bétharram

Un peu plus d'un an après avoir révélé avoir été victime de violences, Hélène Perlant, la fille aînée de François Bayrou, a publié le 26 mars son ouvrage « Le Déni ». Dans ce livre, elle interroge profondément les mécanismes du silence et de la culpabilité qui entourent les violences physiques et sexuelles.

Un déclic venu de l'affaire Bétharram

Le déclencheur de cette publication remonte à février 2025, lorsqu'un journaliste de Sud Ouest la contacte en pleine affaire Bétharram. Une plainte visant son père mentionnait alors une scène de violence dont elle aurait été témoin. « Je ne suis pas la 'fille de', je suis qui je suis ! Vous n'avez rien compris ! », s'était-elle emportée lors de cet échange.

Hélène Perlant, qui a pris le nom de sa mère, explique que cette affaire représente pour elle une opportunité : « La question du déni – individuel et collectif –, c'est celle que toute notre société a à poser aujourd'hui. » Âgée de 54 ans, elle est l'aînée des six enfants de l'homme politique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le déni comme réflexe de survie

Dans son livre, elle analyse pourquoi les victimes restent souvent silencieuses face à l'horreur. « Le déni est un réflexe de survie », affirme-t-elle, décrivant comment cette mécanique psychologique permet de se protéger temporairement, mais finit par enfermer les individus dans l'inaction.

Elle partage son propre vécu : une agression par un religieux qu'elle a racontée dans Le Silence de Bétharram d'Alain Esquerre, puis une seconde au lycée Montaigne à Bordeaux, où des élèves s'en sont pris à la « fille de ». « Tout s'arrête dans la tête. Quelque chose du droit de se défendre a disparu », confie-t-elle, expliquant comment on se construit alors sur l'idée que tout va bien.

Un milieu qui étouffe la parole

Dans un environnement « où tout ce que tu dis peut se retourner contre ta famille », il était particulièrement difficile pour la jeune Hélène de révéler son statut de victime. Elle décrit comment, à Bétharram, elle a été témoin de comportements inquiétants sans pouvoir les conceptualiser : « On voyait des tas de choses, et pourtant on ne pouvait pas les concevoir. Sinon, cela aurait été un traumatisme. »

Selon elle, ce déni généralisé « fait proliférer le problème » de la violence systémique, non seulement dans l'établissement béarnais mais dans toute la société. « Le déni excite la perversion et accule les victimes à des comportements anormaux », analyse-t-elle.

Inverser la culpabilité

Hélène Perlant souhaite aujourd'hui transformer l'affaire Bétharram en point de départ pour une « inversion de la culpabilité ». Elle insiste : « On ne dénonce pas une solution de survie », mais on peut constater comment les agresseurs transfèrent leur culpabilité sur les victimes.

« Il n'y a qu'une figure du mal : l'agresseur, le violeur », affirme-t-elle avec force. Son ambition est que Bétharram devienne « une fierté collective, le synonyme d'une libération joyeuse » plutôt qu'une source de honte.

Un phénomène sociétal plus large

Le déni individuel et collectif sont intimement liés, selon elle : « Il y a des Bétharram partout évidemment, c'est la société tout entière qui n'a pas pu mentaliser ça. » Des générations entières ont subi des violences dans l'enfance sans pouvoir les exprimer.

Enseignante, elle encourage ses élèves qui se confient à elle : « C'est génial, tu es en train de libérer la génération qui suit ! » Son livre se veut une invitation à « déposer le fardeau collectivement », sans jugement, en reconnaissant que « on n'a pas le droit de toucher aux solutions de survie des autres ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

À travers Le Déni, Hélène Perlant offre ainsi une réflexion profonde sur les mécanismes psychologiques et sociaux qui entretiennent le silence autour des violences, tout en traçant une voie vers une libération de la parole plus apaisée et collective.