Henri Joyeux au procès : « Il s’est servi de ma notoriété »
Henri Joyeux : « Il s’est servi de ma notoriété »

Le procès du professeur Henri Joyeux s’est ouvert ce jeudi 25 juin à 13 h 30 devant le tribunal correctionnel de Paris. Avec son collègue le Pr Jean-Bernard Fourtillan, il est accusé d’avoir administré des patchs censés ralentir les effets d’Alzheimer et de Parkinson à près de 400 patients hors de tout cadre légal. « Si on m’avait dit que c’était illégal, je ne l’aurais pas fait », assure le Montpelliérain, désormais installé à Formiguères, dans les Pyrénées-Orientales.

Des patchs à base de valentonine et 6-méthoxy-harmalan

Les patients inclus dans le pseudo-essai clinique, mené à l’abbaye Sainte-Croix, près de Poitiers, se sont vu administrer des patchs utilisant deux molécules : la valentonine et le 6-méthoxy-harmalan. La valentonine est, selon le Pr Fourtillan, un dérivé de la mélatonine. Le pharmacien indique avoir découvert cette hormone en 1994, après une « révélation divine ». L’ANSM fait état « d’effets inconnus » de la molécule. Le 6-méthoxy-harmalan (6 MH) est un antagoniste de la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la gestion de l’humeur, parfois appelé « l’hormone du bonheur ».

Henri Joyeux : « Je ne savais pas que c’était illégal »

Interrogé sur son rôle, Henri Joyeux a expliqué avoir participé à l’essai en tant que volontaire et avoir contribué à le faire connaître et à recruter des malades. « Je ne savais pas que l’essai était illégal… enfin, c’est ce que le tribunal devra déterminer », a-t-il déclaré. Il affirme que le Pr Fourtillan a voulu sauter les étapes : « C’est un spécialiste des essais cliniques, alors que je n’en ai mené aucun dans toute ma carrière. Il l’a fait tout seul, il faisait tout, je me suis laissé faire. »

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« La justice me considère comme complice, mais il faut pour cela avoir conscience que vous participez à quelque chose d’illégal. Je ne suis pas complice », insiste-t-il. Il précise qu’il n’est pas membre fondateur du fonds Josefa, promoteur du supposé essai clinique, mais seulement vice-président. « Le Professeur Fourtillan a fait des conseils d’administration tout seul. Quand, devant moi, les participants demandaient si c’était réglementaire, il disait que oui. »

« Il s’est servi de ma notoriété »

Henri Joyeux a travaillé avec le Pr Fourtillan il y a une quarantaine d’années, avant de se perdre de vue. « Il m’a retrouvé grâce à mon exposition médiatique, et s’est servi de ma notoriété », accuse-t-il. Le cancérologue, frappé par une interdiction d’exercer pendant deux ans à compter du 1er janvier 2024, peut à nouveau exercer la médecine depuis le 1er janvier 2026. Il continue à assurer des consultations, une dizaine par jour, gratuitement, et dispense régulièrement des webinaires.

Un procès utile pour les malades ?

« C’est un procès qui peut être utile pour les malades, il faut repartir à zéro. Moi, je pense aux malades, je suis à leur service », a conclu Henri Joyeux, se disant prêt à répondre à toutes les questions. Le tribunal doit déterminer sa responsabilité dans cet essai illégal qui a concerné près de 400 patients.

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