Guillaume Erner : La faute, la meute et le permis de chasse
Guillaume Erner : la faute, la meute et le permis de chasse

Dans une tribune incisive, le philosophe Guillaume Erner s'attaque à un phénomène qu'il nomme « la meute ». Selon lui, les réseaux sociaux et une certaine frénésie médiatique transforment chaque erreur ou acte contestable en une chasse à l'homme numérique. Il compare cette dynamique à un « permis de chasse » délivré à la foule pour traquer les fautifs, sans procédure ni droit à la défense.

La mécanique de la meute

Erner explique que la meute se forme autour d'une faute réelle ou supposée. Le coupable désigné est alors soumis à une pression collective qui dépasse souvent la gravité de son acte. Il cite l'exemple de personnalités publiques dont la carrière a été brisée après une polémique, parfois sans que les faits aient été clairement établis. « La meute ne juge pas, elle exécute », écrit-il.

Un appel à la responsabilité individuelle

Le philosophe plaide pour un retour à la raison : chaque individu doit résister à l'effet de groupe et juger par lui-même. Il rappelle que la présomption d'innocence est un pilier de notre droit, et que la justice ne peut être rendue par une foule anonyme. Selon lui, cette dérive menace la démocratie et la liberté d'expression.

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Les conséquences sur le débat public

Erner souligne que cette chasse permanente a un effet dissuasif sur la prise de parole. « Qui osera encore prendre un risque intellectuel s'il sait que la moindre phrase peut être sortie de son contexte et transformée en arme contre lui ? », interroge-t-il. Il appelle les médias à un rôle plus responsable, en refusant de participer à ces lynchages numériques.

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