Héritage de Georges Brassens : le neveu débouté, la guitare et le journal restent à la fille du secrétaire
Georges Brassens : le neveu perd le procès pour l'héritage

Un long conflit judiciaire tranché en faveur de la fille du secrétaire

Le tribunal judiciaire de Paris a rendu le 2 avril 2026 une décision mettant un terme provisoire à plus de dix ans de litige concernant l'héritage de Georges Brassens. Le neveu du chanteur sétois, Serge Cazzani, a été débouté de ses demandes concernant plusieurs centaines d'objets personnels du célèbre artiste.

Les objets emblématiques au cœur du différend

Parmi les 404 objets disputés figuraient des pièces particulièrement symboliques : la dernière guitare de Georges Brassens et un journal manuscrit retraçant sa vie de 1964 à 1981, année de son décès le 29 octobre à Saint-Gély-du-Fesc. La collection comprend également une vingtaine de pipes, un costume de scène et de nombreux manuscrits de chansons.

Ces objets sont actuellement entre les mains de Françoise Onteniente, fille de Pierre Onteniente, l'ancien secrétaire particulier et ami intime du chanteur. Elle en avait hérité à la mort de son père et avait tenté de les vendre aux enchères en 2022 à Drouot, une vente annulée après une procédure intentée par Serge Cazzani.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'argumentation du neveu rejetée par la justice

Serge Cazzani, devenu l'unique héritier de Georges Brassens après le décès de sa mère Simone (demi-sœur du chanteur), estimait que tous ces objets devaient lui revenir. Il souhaitait les déposer dans un musée, comme l'Espace dédié au chanteur à Sète, plutôt que de les voir vendus à des acquéreurs privés.

Le tribunal n'a pas suivi cette argumentation. Dans son arrêt, consulté par Midi Libre, les juges ont estimé qu'"il n'est justifié d'aucun inventaire, même amiable, susceptible d'établir la présence de biens dont cette dernière eût été légataire". Aucune preuve n'établit que ces objets faisaient partie de ce que Georges Brassens avait légué à Simone Cazzani.

Les testaments et lettres qui ont pesé dans la décision

Le tribunal a examiné plusieurs documents importants. Dans son dernier testament du 21 janvier 1981, Georges Brassens avait légué à Pierre Onteniente la propriété d'une maison à Paris et l'usufruit d'une autre rue Santos-Dumont, siège des Éditions musicales où ils étaient associés.

Les juges ont également cité une lettre écrite par le chanteur à son secrétaire en juillet 1980, ainsi qu'un précédent testament qui donnait à sa dernière compagne, Joche Heiman, "le droit de répartir certaines de [s]es affaires, livres disques, instruments de musique, de photos et tout matériel haute fidélité".

Pour le tribunal, ces éléments corroborent "l'hypothèse de dons manuels du vivant de l'artiste au bénéfice de Pierre Onteniente". En conséquence, Françoise Onteniente, en tant qu'héritière de son père, est présumée propriétaire légitime de ces biens.

Un appel probable malgré la décision

Ce jugement risque de ne pas mettre un terme définitif à ce litige. Maître Maia Kantor, l'avocate de Serge Cazzani, a déclaré : "C'est une décision navrante, c'est malheureux de devoir repartir sur une procédure d'appel, mais un tel jugement nous y contraint".

Le conflit autour de l'héritage de Georges Brassens, décédé il y a plus de quarante ans, pourrait donc se poursuivre devant la cour d'appel, prolongeant encore cette saga judiciaire qui oppose depuis plus d'une décennie le neveu du chanteur à la fille de son plus proche collaborateur.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale