David Sánchez, le frère du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, a été condamné ce mardi à une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant neuf ans, ainsi qu'à une privation du droit de vote pour la même durée. La justice l'a déclaré coupable de « prévarication administrative », mais l'a blanchi des accusations de trafic d'influence qui auraient pu lui valoir une peine de prison.
Un poste créé sur mesure
Le procès, qui s'est tenu fin mai-début juin, comptait dix autres prévenus. David Sánchez était accusé d'avoir utilisé l'influence de son frère aîné à partir de 2016, avant que celui-ci ne devienne Premier ministre, pour obtenir un emploi l'année suivante. Il a été embauché pour s'occuper du spectacle vivant dans la province de Badajoz (sud-ouest), un poste dépendant d'une députation alors contrôlée par le Parti socialiste (PSOE). Compositeur et chef d'orchestre, il a occupé cette fonction au moins jusqu'à début 2025.
Un réquisitoire sévère des juges
La justice a estimé que la création de ce poste n'était « ni nécessaire ni urgente » et qu'elle répondait « à l'intérêt particulier de son bénéficiaire et non à l'intérêt général ». Dans leur décision, les juges ont écrit : « Cette pratique peu éthique nuit à la santé démocratique, favorise la corruption et l'inégalité des chances. »
David Sánchez a nié toutes les accusations, et le parquet général avait requis son acquittement. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a réagi après le Conseil des ministres : « Nous espérons que les juridictions supérieures constateront l'innocence de David Sánchez, ce en quoi nous croyons. »
L'entourage de Pedro Sánchez sous le feu des scandales
Outre son frère, deux hommes clés de l'ascension de Pedro Sánchez au pouvoir en 2018 sont impliqués dans des affaires de corruption. Santos Cerdán et son ex-ministre des Transports José Luis Ábalos doivent être jugés ou l'ont déjà été. Ce dernier a écopé fin juin d'une peine de 24 ans de prison pour corruption.
L'épouse de Pedro Sánchez, Begoña Gómez, pourrait prochainement comparaître pour trafic d'influence. Depuis mai, son prédécesseur socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, Premier ministre de 2004 à 2011, a été inculpé pour trafic d'influence en échange de pots-de-vin.



