Fresnes : neuf adolescents interpellés après le saccage de la mairie avant l'investiture
Fresnes : neuf mineurs interpellés après le saccage de la mairie

Fresnes : neuf adolescents interpellés après le saccage de la mairie avant l'investiture

Un groupe d'une dizaine de personnes a commis des dégradations importantes dans la mairie de Fresnes, dans le Val-de-Marne, vendredi soir, à la veille du conseil municipal qui devait valider l'investiture du nouveau maire. Neuf mineurs ont été placés en garde à vue ce mardi 31 mars 2026, dans le cadre d'une enquête pour destruction par moyen dangereux en bande organisée, vol en bande organisée et dégradation aggravée du bien d'autrui.

Neuf mineurs interpellés, quatre personnes recherchées

Le parquet de Créteil a confirmé l'interpellation de neuf adolescents, âgés de 14 à 16 ans et originaires de Fresnes et des alentours. Les investigations se poursuivent et quatre autres personnes sont toujours recherchées, selon une source proche du dossier. Le ministère public n'a pas communiqué sur le profil précis des adolescents interpellés, mais a salué le travail des enquêteurs de la Sûreté territoriale du Val-de-Marne.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est félicité de ces interpellations rapides, déclarant sur X : « Je félicite les enquêteurs de la Sûreté territoriale du Val-de-Marne de la préfecture de police pour cette affaire rondement menée. Force restera toujours à la loi. »

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La mairie dévastée et des commerces voisins attaqués

Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs personnes encagoulées ont brisé la porte d'entrée de la mairie à l'aide d'un mortier d'artifice, comme le montrent des images de vidéosurveillance consultées par l'AFP. Une fois à l'intérieur, elles ont cassé tout ce qui se trouvait dans l'entrée, à coups de bâtons et de jets de projectiles, renversant des tables pliantes et brisant du verre.

Le nouveau maire de la commune, Christophe Carlier, a évoqué un préjudice « colossal » pour le fonctionnement des services municipaux. Rue Ténine, juste à côté de la mairie, les dégâts sont également saisissants : des vitrines de commerces ont été brisées, et une moto a disparu. Stevie Agodor, gérant de l'auto-école Quick Permis 94, chiffre son préjudice à près de 20 000 euros et craint d'être obligé de fermer pendant les travaux si son assurance ne prend pas le sinistre en charge. La Caisse d'Épargne voisine a également été ciblée.

Des dégradations « clairement liées à l'élection » municipale

Le nouveau maire Les Républicains Christophe Carlier, élu face à la sortante socialiste Marie Chavanon lors d'une triangulaire le 22 mars, estime que ces dégradations sont « clairement liées à l'élection » municipale. Malgré les dégâts, le conseil municipal a pu se tenir pour valider son investiture.

L'opposition socialiste a condamné des violences « inacceptables », tout en mettant en garde la nouvelle majorité contre toute théorie du complot. L'élue d'opposition Rachida Sadane a dénoncé une séance d'installation « houleuse », au cours de laquelle la gauche aurait été empêchée de s'exprimer, accusant notamment le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, présent dans le public, de lui avoir coupé la parole.

Vincent Jeanbrun, ex-maire de L'Haÿ-les-Roses, commune limitrophe, a confié son émotion face aux images de l'hôtel de ville vandalisé, qui ont ravivé les souvenirs de l'attaque de son domicile lors des émeutes de l'été 2023. Il a estimé que cet épisode montre « qu'il y a dans notre pays des mouvements sous-jacents qui refusent l'autorité et viennent s'exprimer même dans le débat politique pour presque intimider des équipes qui défendaient le retour de l'ordre. »

Un climat tendu depuis le second tour des municipales

L'épisode de Fresnes s'inscrit dans un climat parfois rude depuis le second tour des élections municipales de 2026, émaillé d'incidents, d'élus bousculés ou insultés. Des scènes de tension ont été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche. À Mantes-la-Jolie (Yvelines), le maire de droite battu a dû être escorté par les forces de l'ordre à l'issue du vote.

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Les autorités restent vigilantes face à ces manifestations de violence politique, alors que les enquêtes se poursuivent à Fresnes pour identifier les responsables de ces dégradations.