Une affaire d'exhibition aux versions contradictoires jugée à Périgueux
Les faits remontent à octobre 2025 dans la commune de Thenon, en Dordogne. Ce vendredi 20 mars, le tribunal de Périgueux a examiné une affaire d'exhibition sexuelle qui oppose deux versions radicalement différentes. D'un côté, une quadragénaire profondément traumatisée, de l'autre, un homme d'origine roumaine qui nie catégoriquement les accusations.
Le témoignage bouleversant de la victime
Lors de l'audience, la victime a livré un récit poignant des événements survenus tôt le matin dans une rue de Thenon. "J'ai entendu un véhicule s'arrêter à mon niveau", a-t-elle raconté, visiblement émue. "Quand j'ai tourné la tête, un homme m'a interpellée en disant 'Madame ! Madame !'. Il tenait son sexe dans la main. J'étais complètement choquée. Je lui ai crié : 'Mais ça va pas la tête !'"
La femme a expliqué qu'après cette confrontation, l'homme avait refermé sa vitre, ce qui lui avait fait craindre qu'il ne descende du véhicule. "J'ai immédiatement sorti mon téléphone portable pour prendre une photo de sa camionnette. C'est à ce moment qu'il a redémarré à toute vitesse en direction de Terrasson", a-t-elle précisé devant le tribunal.
La défense du prévenu : une méprise complète
Par l'intermédiaire de son interprète, le prévenu a présenté une version totalement différente des faits. Cet homme, venu du Tarn-et-Garonne pour travailler sur un chantier à Sainte-Orse, affirme s'être simplement arrêté à Thenon pour demander la direction de la boulangerie. Selon sa déclaration, il ne tenait pas son sexe mais une canette dans laquelle il déposait les cendres de sa cigarette.
Le prévenu, qui n'avait aucun antécédent judiciaire, a maintenu ses dénégations tout au long de la procédure, insistant sur le caractère anodin de son arrêt dans la commune.
Les éléments retenus par le parquet
Face à ces deux versions contradictoires, le ministère public s'est appuyé sur plusieurs éléments concrets. Les trois auditions de la victime, dont la cohérence a été soulignée, ne permettent pas selon le parquet de douter de sa sincérité. "Rien ne permet de dire qu'elle ment ou feint", a insisté la représentation du parquet.
À ces déclarations s'ajoutent deux preuves matérielles déterminantes : la photographie de la camionnette prise par la victime, qui a permis d'identifier le véhicule conduit par le prévenu, et une reconnaissance faciale effectuée par tapissage.
Le déroulement poignant de l'audience
Un moment particulièrement émouvant a marqué l'audience lorsque la présidente du tribunal a interrogé la victime sur sa décision de se constituer partie civile. Visiblement perdue dans les méandres de la procédure judiciaire, la quadragénaire a d'abord répondu négativement à la question, avant d'admettre qu'elle ne comprenait pas ce que cette démarche impliquait.
"Cela veut dire que vous pouvez réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice que vous avez subi", lui a expliqué la magistrate. Après un moment d'hésitation, la victime a finalement accepté de demander réparation, proposant la somme de 500 euros pour financer des séances avec un psychologue.
"Ça me permettrait de voir un psy", a-t-elle balbutié, la voix tremblante. "Je n'arrive plus à dormir, à sortir de chez moi. J'ai tout le temps peur depuis cet incident."
La décision du tribunal
Après délibération, le tribunal a rendu sa décision. L'homme a été reconnu coupable d'exhibition sexuelle et condamné à :
- Une amende de 500 euros
- L'interdiction de paraître sur le territoire de la commune de Thenon pendant trois ans
- Le versement de 300 euros à la victime au titre du préjudice moral subi
Cette condamnation intervient malgré les dénégations persistantes du prévenu, le tribunal ayant estimé que les éléments à charge étaient suffisamment solides pour fonder sa décision. L'affaire illustre la complexité des procédures judiciaires lorsque s'opposent des versions radicalement différentes d'un même événement, et les conséquences durables que de tels actes peuvent avoir sur les victimes.



