Un ancien policier condamné à 12 ans de prison pour viols sur une victime de violences conjugales
Ex-policier condamné à 12 ans pour viols sur une victime

Un ancien policier condamné à 12 ans de prison pour viols sur une victime de violences conjugales

Pour avoir violé à deux reprises une femme venue porter plainte pour violences conjugales, l'ancien policier Jean-Pierre Dagos, âgé de 58 ans, a été condamné ce mercredi à une peine de 12 ans de prison ferme. La cour criminelle de Seine-et-Marne, qui a suivi intégralement les réquisitions de l'avocate générale, a pointé avec une grande sévérité le « préjudice psychologique indéniable » infligé à la victime ainsi que « le préjudice causé à l'institution judiciaire et policière ». Malgré cela, la cour a pris en compte la prise de conscience « sincère, authentique et profonde » de l'ex-policier, qui a reconnu l'ensemble des faits devant les juges.

Un « prédateur » selon une ancienne compagne

Monsieur Dagos, reconnaissable à son crâne rasé et sa silhouette fine, était jugé pour avoir imposé, le 22 février 2023, une fellation à une ressortissante angolaise sans titre de séjour, venue déposer plainte contre son conjoint pour violences conjugales. Quelques jours seulement après cet acte, le policier a convoqué à nouveau cette femme âgée d'une cinquantaine d'années aujourd'hui, et a reproduit exactement les mêmes faits criminels.

Maître Naïma Nezlioui, qui représentait la victime avec détermination, s'est dite pleinement satisfaite de la lourde peine prononcée par la cour. En plus de la peine d'emprisonnement, Monsieur Dagos a également été condamné à payer la somme de 40 000 euros à la partie civile pour compenser le préjudice sexuel et moral subi. Dès l'ouverture solennelle du procès lundi, l'ex-policier a cherché à montrer qu'il avait pris conscience de la gravité de ses actes, reconnaissant avec des mots forts avoir été « dégueulasse » et « entièrement responsable de tout ça ».

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Outre les viols dont il est directement accusé, le procès a mis en exergue de manière troublante des abus répétés sur certaines de ses anciennes compagnes, dont l'une l'a qualifié, durant l'instruction préparatoire, de « prédateur sur le plan sexuel ». Certaines de ses collègues féminines ont également courageusement dénoncé des propos ou des actes à connotation sexuelle inappropriés dans le cadre professionnel.

Une enfance « terrifiante » évoquée en audience

L'avocate de Jean-Pierre Dagos, qui n'a pas souhaité réagir publiquement après le verdict et a demandé à rester anonyme par crainte légitime de recevoir des menaces et des insultes pour avoir défendu un policier accusé de viol, a, de son côté, mis l'accent lors de sa plaidoirie émouvante sur ses aveux complets et son passé douloureux.

« Tout en lui suinte la honte », a-t-elle appuyé avec force en parlant de « cet homme qui marmonne, qui ne fait que marmonner, qui n'arrive pas à parler car toute son enfance on lui a appris à se taire ». L'enfance de Jean-Pierre Dagos, qualifiée de « terrifiante » par l'avocate générale elle-même, a ainsi été longuement et minutieusement abordée au cours de ce procès particulièrement intense.

Né dans une famille très nombreuse de onze enfants avec un père alcoolique et extrêmement violent, l'accusé a lui-même été violé par l'un de ses frères entre ses quatre et neuf ans, puis, à partir de la préadolescence, par son professeur de judo. Il a découvert à l'âge de douze ans seulement que son oncle, qui vivait avec eux, était en réalité son père biologique, et peut-être le père d'autres membres de la fratrie, révélant ainsi un contexte familial extrêmement complexe et traumatisant.

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