Un ancien policier condamné à 12 ans de prison pour viols sur une plaignante
La cour criminelle de Seine-et-Marne a condamné ce mercredi 25 mars un ancien policier de 58 ans à 12 ans de prison pour viols sur une femme venue porter plainte pour violences conjugales. Jean-Pierre Dagos a reconnu les faits qui se sont déroulés dans son bureau au commissariat de Pontault-Combault au début de l'année 2023.
Des faits particulièrement graves dans l'exercice de ses fonctions
Le 22 février 2023, Jean-Pierre Dagos a contraint Armandina B., une ressortissante angolaise sans titre de séjour, à une fellation après qu'elle soit venue déposer plainte contre son conjoint pour violences conjugales. La victime a témoigné avoir cédé sous la menace implicite : « Il a la loi avec lui. Il peut m'expulser. Je me disais qu'il fallait que j'obéisse à ses ordres pour m'en sortir ».
Quelques jours plus tard, le policier a convoqué à nouveau cette femme d'une cinquantaine d'années et a reproduit les mêmes agissements. La cour a souligné le préjudice psychologique indéniable subi par la victime ainsi que le préjudice causé à l'institution policière et judiciaire.
Des aveux complets mais des excuses jugées insuffisantes
Lors du procès, Jean-Pierre Dagos a reconnu l'ensemble des faits, se qualifiant lui-même de « dégueulasse ». « Je suis entièrement responsable de tout ça », a-t-il déclaré en présentant ses excuses à la victime. Cependant, Armandina B. a qualifié ces excuses de « larmes de crocodile », témoignant du traumatisme profond causé par ces agressions.
L'ancien policier a également été condamné à verser 40 000 euros à la partie civile pour préjudice sexuel et moral. Me Naïma Nezlioui, avocate de la victime, s'est dite satisfaite de la peine prononcée par la cour.
Un passé personnel marqué par la violence
La défense de Jean-Pierre Dagos a mis en avant son enfance qualifiée de « terrifiante » par l'avocate générale. Né dans une famille de onze enfants avec un père alcoolique et violent, l'accusé a lui-même été victime de violences sexuelles durant son enfance, d'abord par l'un de ses frères entre quatre et neuf ans, puis par son professeur de judo à la préadolescence.
L'avocate de la défense, qui a souhaité rester anonyme par crainte de représailles, a souligné que « tout en lui suinte la honte » et a évoqué les difficultés de son client à s'exprimer, conséquence d'une enfance où on lui avait appris à se taire.
Un cas qui interroge sur les dérives au sein de l'institution policière
Ce jugement intervient dans un contexte plus large de réflexion sur les violences sexistes et sexuelles au sein des forces de l'ordre. La cour a pris en compte la prise de conscience « sincère, authentique et profonde » de l'accusé tout en sanctionnant sévèrement des actes commis par un représentant de l'État en position d'autorité.
Jean-Pierre Dagos avait déjà été condamné en 2010 pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices, et une ancienne compagne l'avait décrit comme un « prédateur sur le plan sexuel ». Ce nouveau jugement met en lumière la nécessité de vigilance et de formation continue au sein des services de police pour prévenir ce type de dérives.



