Corruption en Essonne : deux gendarmes jugés pour pacte avec un homme d'affaires
Essonne : deux gendarmes jugés pour corruption

Ce mardi, deux gendarmes et un homme d'affaires comparaissent devant le tribunal correctionnel d'Évry pour un « pacte de corruption ». L'affaire, révélée par une enquête de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), plonge dans les coulisses des stands de tir et des armureries de l'Essonne.

Des liens troubles entre gendarmes et homme d'affaires

Karim L., homme d'affaires influent de l'Essonne, est accusé d'avoir corrompu l'adjudant-chef Sébastien A. et le major Stéphane G., tous deux en poste à la gendarmerie de Saint-Germain-lès-Corbeil. En échange de leur aide pour récupérer 140 000 euros d'arriérés sur une armurerie, il leur aurait promis une maison et un emploi.

L'enquête débute en janvier 2025, lorsque l'IGGN reçoit un signalement. Les militaires auraient utilisé leurs fonctions pour favoriser Karim L. dans un conflit l'opposant au gérant d'un stand de tir en Seine-et-Marne. Malgré le dessaisissement de l'affaire, ils continuent de s'y intéresser, consultant illégalement des fichiers judiciaires.

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Des écoutes téléphoniques accablantes

Les écoutes mises en place par l'IGGN révèlent que les gendarmes rendaient régulièrement compte de leurs actions à Karim L. et lui rapportaient le contenu de leurs échanges avec le parquet. En contrepartie, l'homme d'affaires avait fait construire une maison de 450 000 euros pour l'adjudant-chef et proposé un logement au major, assorti d'un crédit à taux zéro.

De plus, Karim L. leur aurait promis un emploi dans le stand de tir et l'armurerie qu'ils enquêtaient. Les enquêteurs concluent à un « pacte de corruption » : les militaires usent de leurs fonctions au profit de l'homme d'affaires.

Les suspects minimisent les faits

Placés en garde à vue en septembre et décembre 2025, les deux gendarmes reconnaissent les faits mais minimisent leur implication. Sébastien A. admet « avoir manqué de clairvoyance », tandis que Stéphane G. se présente comme un simple exécutant, contredit par sa compagne qui affirme qu'il comptait travailler pour Karim L. après sa retraite.

En marge de ce procès, des investigations financières se poursuivent concernant le stand de tir et Karim L. Son avocat demande le renvoi du procès, n'ayant pas reçu l'intégralité de la procédure.

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