Affaire Epstein : Pam Bondi sous pression du Congrès tandis que l'Europe s'embrase
Epstein : Bondi visée par le Congrès, l'Europe en émoi

L'ombre d'Epstein plane toujours sur Pam Bondi

Le constat est sans appel dans les colonnes de Politico ce dimanche 5 avril : Pam Bondi n'a pas terminé avec l'affaire Epstein. Bien qu'écartée de ses fonctions de procureure générale, elle reste dans le viseur du Congrès américain, qui pourrait l'obliger à témoigner sous serment. Assignée à comparaître dans le cadre de l'enquête parlementaire, elle cristallise désormais les critiques, accusée d'avoir entravé la manifestation de la vérité.

Des accusations sévères du Congrès

« Bondi a géré les Epstein Files de manière désastreuse et a gravement porté atteinte au président Trump », a déclaré la représentante républicaine Nancy Mace. « Elle a fait obstruction à tous les efforts visant à demander des comptes aux coupables. » L'intéressée pourrait être contrainte de répondre, à ses frais, aux questions des élus. « Elle n'échappera pas à ses responsabilités et reste légalement tenue de comparaître devant notre commission sous serment », a prévenu le démocrate Robert Garcia, cité par Politico.

Un contraste frappant entre continents

Alors que les « Epstein Files » ont été rendus publics en masse – plus de trois millions de documents dévoilés le 30 janvier 2026 – les conséquences judiciaires aux États-Unis demeurent, à ce stade, limitées. L'opinion publique s'émeut, les médias s'agitent, mais les institutions avancent avec une prudence extrême. À l'inverse, l'Europe s'embrase véritablement.

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La déflagration européenne

De Londres à Oslo, en passant par Paris et Bratislava, la publication de ces archives a déclenché une cascade de révélations, de démissions et d'enquêtes, mettant en lumière l'ampleur d'un réseau longtemps demeuré dans l'ombre.

La Norvège ébranlée

En Norvège, la diplomatie vacille. Mona Juul, ambassadrice en Jordanie et en Irak, a été contrainte de quitter ses fonctions après la révélation de liens présumés avec Jeffrey Epstein. Le ministre des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a reconnu « une grave erreur de jugement » et estimé que « la situation rend difficile le rétablissement de la confiance qu'exige cette fonction ». Une enquête interne a été ouverte.

Les documents évoquent notamment un legs de 10 millions de dollars aux enfants de la diplomate et de son époux, Terje Rød-Larsen, lequel avait été un temps désigné exécuteur testamentaire d'Epstein. D'autres figures norvégiennes apparaissent également dans les dossiers, parmi lesquelles la princesse héritière Mette-Marit ou encore Børge Brende. L'ancien Premier ministre Thorbjørn Jagland fait, lui, l'objet d'une enquête pour « corruption aggravée ».

Le séisme britannique

Au Royaume-Uni, l'affaire a pris une tournure spectaculaire. Le 19 février 2026, à l'aube, six véhicules de police se sont présentés à Sandringham. L'ex-prince Andrew y fut arrêté dans le cadre d'une enquête pour « faute professionnelle dans l'exercice de ses fonctions ». Déjà fragilisé, il avait été déchu de ses titres en octobre 2025 sur décision de son frère, le roi Charles III. Désormais réduit au nom d'Andrew Mountbatten-Windsor, il incarne une rupture historique dans la monarchie britannique.

Les soupçons qui pèsent sur lui s'inscrivent dans une chronologie ancienne, nourrie par des éléments accablants. Parmi eux, une photographie prise en 2001, rendue publique dix ans plus tard, le montrant aux côtés de Virginia Giuffre, alors mineure, et de Ghislaine Maxwell – une image qui a profondément marqué l'opinion.

De Bratislava à Stockholm

En Slovaquie, la chute est tout aussi brutale. Miroslav Lajčák, ancien ministre des Affaires étrangères devenu conseiller à la sécurité nationale, a démissionné après la publication d'échanges de messages avec Epstein. Selon Politico, il confesse aujourd'hui : « Quand je relis ces messages aujourd'hui, je me sens idiot. » Il ajoute : « C'était une conversation privée ; soyons honnêtes, qui serait heureux que toute une nation lise ses messages ? À tout le moins, j'ai fait preuve d'un manque de jugement. »

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Ces échanges, au ton graveleux, évoquaient notamment des rencontres en Russie et en Ukraine. En Suède, la présidente de la fondation Sweden for UNHCR a également quitté ses fonctions après la révélation d'un séjour familial sur l'île privée d'Epstein en 2012.

La France éclaboussée

L'affaire n'a pas davantage épargné la France. À Paris, Jack Lang, figure emblématique des années Mitterrand, a présenté sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe en février dernier. Son nom apparaît à plus de 600 reprises dans les documents, attestant de relations suivies avec le financier américain.

Correspondances, invitations, fréquentations : les révélations dessinent le portrait d'un homme inséré dans les réseaux mondains qu'Epstein cultivait avec soin. L'ancien ministre de la Culture et sa fille, Caroline Lang, sont visés par une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF) pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».

Deux dynamiques radicalement différentes

Ce contraste entre l'Europe et les États-Unis interroge profondément. Sur le Vieux Continent, les conséquences sont immédiates et tangibles : démissions, enquêtes, mises à l'écart. Aux États-Unis, malgré l'ampleur considérable des révélations, les retombées institutionnelles restent limitées.

Certes, certaines figures sont fragilisées, et la pression politique monte, comme en témoigne le cas Bondi. Mais aucune vague d'arrestations comparable à celle observée en Europe ne s'est matérialisée à ce stade. Comme le résume L'Express, « la majorité des individus évoqués dans les documents publiés ont échappé à toute conséquence professionnelle » outre-Atlantique, créant un fossé saisissant dans la gestion judiciaire et politique de ce scandale international.