Perpignan : enquête ouverte après une plainte LFI pour menaces racistes et homophobes
Enquête à Perpignan pour menaces racistes et homophobes

Une enquête judiciaire ouverte à Perpignan pour menaces et injures racistes et homophobes

Le parquet de Perpignan a officiellement ouvert une enquête ce mercredi, suite au dépôt d'une plainte par un militant de La France Insoumise (LFI). Cette plainte, déposée pour menaces de mort et injures à caractère raciste et homophobe, a été confirmée par le procureur de la République Jérôme Bourrier. L'information, révélée par l'AFP, marque une escalade préoccupante dans les tensions politiques en ligne.

Une liste de "gauchistes à tuer" diffusée sur les réseaux sociaux

Dans sa plainte, dont une copie a pu être consultée par l'Agence France-Presse, le plaignant âgé de 23 ans fait état d'une liste inquiétante de 25 personnes désignées comme des "gauchistes à tuer". Son propre nom figure sur cette liste, qui aurait été établie, selon ses déclarations, par "plusieurs personnalités de l'extrême droite" suite au "drame" de la mort de Quentin Deranque à Lyon. Cette liste a été largement diffusée sur différentes plateformes de réseaux sociaux, amplifiant ainsi sa portée et son impact.

Le procureur Jérôme Bourrier a détaillé certains des messages particulièrement violents contenus dans cette affaire. Parmi les injures recensées, on trouve des propos comme "Tu restes un arabe doublé d'une pédale", qui cumulent des attaques racistes et homophobes. Les menaces incluent également des formulations extrêmement agressives telles que "On va te peler enculé, c'est fini", créant un climat de peur et d'intimidation pour les personnes visées.

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Un collaborateur parlementaire du RN mis en cause et déjà suspendu

La plainte met notamment en cause Maxime Giralt, collaborateur parlementaire du député Rassemblement National (RN) de l'Ain, Jérôme Buisson. Selon les éléments du dossier, Maxime Giralt aurait proposé de diffuser les coordonnées personnelles du plaignant afin que des personnes puissent "lui envoyer des fleurs pour cette Saint-Valentin", une formulation ironique masquant des intentions malveillantes.

Il est important de noter que Maxime Giralt fait déjà l'objet d'une autre plainte déposée par Assa Traoré, qui l'accuse de l'avoir ciblée sur les réseaux sociaux. Assa Traoré dénonce également une agression physique lors d'un rassemblement, comme l'a appris l'AFP mardi auprès d'une source proche du dossier. Les propos de Maxime Giralt visant Assa Traoré incluaient des attaques sur son apparence physique, comparant sa chevelure à "ce qu'il reste dans la bonde de la douche", ainsi que des commentaires désobligeants sur son frère décédé, Adama Traoré, qualifié de "terroriste" et affirmant qu'"il a joué, il a perdu".

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulier, puisque la Cour de cassation venait de rendre définitif le non-lieu dans l'enquête sur la mort d'Adama Traoré, survenue il y a dix ans dans une gendarmerie. Mi-février, le député Jérôme Buisson avait déjà annoncé avoir "mis à pied à titre conservatoire" son collaborateur parlementaire, Maxime Giralt, en attendant les conclusions des investigations judiciaires.

Cette affaire soulève des questions importantes sur la sécurité des militants politiques, la modération des contenus haineux sur les réseaux sociaux, et les responsabilités des élus et de leurs collaborateurs. L'enquête du parquet de Perpignan devra déterminer l'origine exacte de ces menaces, identifier les auteurs, et évaluer les conséquences juridiques de ces actes qui touchent à la fois à la sécurité des personnes et aux valeurs fondamentales de la République.

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