Drone livreur de colis en prison : 8 mois ferme pour le pilote près de Montpellier
Drone livreur en prison : 8 mois ferme près de Montpellier

Drone livreur de colis en prison : le pilote condamné à 8 mois ferme

Un individu âgé de 27 ans, interpellé en flagrant délit alors qu'il pilotait un drone pour livrer des colis à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), a été jugé en comparution immédiate et condamné à une peine de huit mois de prison ferme. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 mai, vers 1 h 50 du matin, lorsque les agents pénitentiaires ont repéré un drone effectuant une livraison au-dessus de l'établissement.

Alertés, les gendarmes ont eu des difficultés à localiser le point de lancement, le pilote multipliant les détours pour brouiller les pistes. Après avoir observé cinq allers-retours entre Saint-Jean-de-Védas et le centre pénitentiaire, ils ont finalement découvert le site vers 2 h 30 du matin, sur un chemin situé entre l'autoroute A9 et la zone de la Lauze. Deux individus ont pris la fuite, mais l'un d'eux a chuté et a pu être interpellé.

Il s'agit d'Abou Bakr, un Algérien de 26 ans connu sous plusieurs identités. Sur place, les forces de l'ordre ont saisi un drone, des manettes, une batterie, un système de largage et un colis prêt à être livré. Ce dernier contenait du tabac à chicha et le nécessaire pour fumer, cinq cartes SIM, des produits d'hygiène, des épices, ainsi que 16 grammes de résine de cannabis.

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Un téléphone connecté à une application de pilotage

Un téléphone portable appartenant à Abou Bakr a également été retrouvé sur les lieux. Il était connecté à une application permettant de piloter des drones et à une boucle Snapchat intitulée "Drone Mtp VLM". Huit colis devaient être livrés cette nuit-là. Lors de son interpellation, l'Algérien avait reconnu avoir attaché le colis sur le drone et être propriétaire du téléphone "depuis trois semaines".

Cependant, lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Montpellier, il a changé de version. S'exprimant par l'intermédiaire d'un interprète, il a affirmé que le téléphone ne lui appartenait pas et qu'il ignorait ce qu'il allait faire cette nuit-là. "On m'avait promis 100 euros pour accompagner un collègue", a-t-il déclaré.

La procureure a dénoncé "une mauvaise foi totale", soulignant que l'adresse mail du prévenu avait servi à créer le compte sur l'application de drones en août 2025. La ligne téléphonique était active depuis 2024, et les gendarmes ont relevé qu'elle avait borné à vingt-trois reprises, de nuit, sur les communes de Fabrègues, Saint-Jean-de-Védas et Villeneuve-lès-Maguelone au cours des dix derniers mois.

Des conséquences potentiellement graves

"Des téléphones portables ou des armes artisanales peuvent être livrés à des détenus, cela peut avoir des conséquences très graves", a insisté la procureure, qui a requis douze mois de prison ferme et le maintien en détention. Abou Bakr, présent en France depuis sept ans, se présente comme livreur Uber et affirme aider son frère malade du dos. Il avait déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français pendant deux ans en 2023.

L'avocate de la défense a tenté de plaider la nullité de la procédure en raison de l'absence d'un interprète, mais cette demande a été rejetée par les juges. Le prévenu a finalement été condamné à huit mois de prison ferme.

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