Le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) est une technique utilisée dans le cadre de la fécondation in vitro (FIV) pour détecter des anomalies chromosomiques majeures, telles que les trisomies 21, 18 ou 13, avant l'implantation de l'embryon. Selon un article du Monde, cette pratique, bien que répandue dans certains pays, soulève des interrogations éthiques et médicales.
Qu'est-ce que le DPI-A ?
Le DPI-A consiste à analyser les chromosomes d'un embryon obtenu par FIV afin de sélectionner ceux qui présentent un nombre normal de chromosomes (euploïdes). Les aneuploïdies, qui sont des anomalies du nombre de chromosomes, sont fréquentes chez les embryons humains, en particulier chez les femmes âgées. Environ 50 % des embryons de femmes de plus de 35 ans présentent une aneuploïdie.
Un débat éthique et médical
Certains experts estiment que le DPI-A améliore les taux de réussite de la FIV en évitant le transfert d'embryons anormaux, ce qui réduit le risque de fausse couche. Cependant, d'autres mettent en garde contre une approche trop sélective, qui pourrait écarter des embryons viables. Le professeur Jean-Michel Dupont, généticien à l'hôpital Necker, déclare : « Le DPI-A ne doit pas être banalisé ; il s'agit d'un outil puissant qui nécessite une réflexion éthique approfondie. »
Des résultats contrastés
Une étude publiée en 2025 dans la revue Fertility and Sterility a montré que le DPI-A augmentait le taux de naissances vivantes de 10 % chez les femmes de plus de 38 ans, mais n'avait pas d'effet significatif chez les femmes plus jeunes. Selon l'Agence de la biomédecine, en France, environ 5 % des cycles de FIV incluent un DPI-A, principalement pour des raisons d'âge maternel avancé.
Vers une régulation plus stricte ?
Face à ces enjeux, plusieurs pays ont adopté des réglementations variables. La France autorise le DPI-A uniquement dans le cadre de la prévention de maladies génétiques graves, tandis que d'autres pays comme les États-Unis permettent une utilisation plus large. Le débat reste ouvert sur la nécessité d'un encadrement éthique pour éviter des dérives eugénistes.
Conclusion
Le DPI-A offre des possibilités médicales prometteuses, mais son utilisation doit être encadrée par une réflexion éthique rigoureuse. Comme le souligne le Dr. Sophie Martin, spécialiste en éthique médicale : « Nous devons trouver un équilibre entre le désir d'avoir un enfant en bonne santé et le respect de la diversité humaine. »



