Dossier Epstein : six noms d'hommes occultés sans explication par le ministère de la Justice
Dossier Epstein : six noms occultés sans explication

Dossier Epstein : des noms occultés sans explication par le ministère de la Justice

Des parlementaires américains ont dénoncé ce lundi 9 février le caviardage d'au moins six noms d'hommes dans le dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein, qualifiant cette occultation de sans explication légale. Ces élus, qui ont pu consulter des documents non caviardés, affirment que ces individus sont probablement impliqués dans l'affaire, soulevant des questions sur la transparence du ministère de la Justice.

Une consultation sous haute tension

Le ministère de la Justice a publié le 30 janvier plus de trois millions de pages en partie caviardées du dossier Epstein, répondant ainsi à une loi de transparence adoptée en novembre par le Congrès. Cependant, plusieurs parlementaires des deux grands partis américains ont commencé à examiner ce lundi les versions non occultées, après avoir reçu une lettre les informant de cette possibilité de consultation sur place via ordinateur.

Parmi ces élus figurent les coauteurs de la loi, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, qui ont exprimé leur profonde préoccupation face aux caviardages observés. Thomas Massie a déclaré aux journalistes : "Ce qui m'a posé problème est que les noms d'au moins six hommes ont été caviardés alors qu'ils sont probablement impliqués du fait de leur inclusion dans ces documents."

Des identités mystérieuses et des implications politiques

Ro Khanna a précisé que ces six hommes, dont certains apparaissent avec leur photo, ont vu leurs noms occultés sans aucune justification. Bien que les parlementaires aient refusé de révéler leurs identités, Thomas Massie a indiqué que l'un d'eux est "assez haut placé dans un gouvernement étranger", tandis que Ro Khanna a évoqué "une personnalité assez éminente" parmi les autres.

La loi autorise des caviardages uniquement pour protéger l'intimité des victimes, mais elle interdit expressément toute rétention de documents pour éviter des préjudices à des responsables gouvernementaux, personnalités publiques ou dignitaires étrangers, ou en raison de leur caractère politiquement sensible. Ro Khanna s'est étonné qu'une bonne partie des documents consultés restent caviardés, attribuant cela au fait que les versions fournies au ministère par le FBI ou les grands jurys l'étaient déjà.

Appels à une révision et conséquences potentielles

Thomas Massie a appelé le ministère de la Justice à "revoir sa copie" et à corriger ses erreurs, insistant sur la nécessité d'une vérification externe. Il a ajouté : "Nous devons donner au ministère de la Justice une chance de revoir sa copie et de corriger ses erreurs."

Le numéro 2 du ministère, Todd Blanche, avait prévenu le 30 janvier que la masse de nouveaux documents ne contenait pas d'éléments pouvant mener à des poursuites supplémentaires. Cependant, de nombreuses personnalités redoutent les répercussions des révélations sur leurs liens passés avec Epstein, bien que la simple mention d'un nom ne suppose aucun acte répréhensible a priori.

Cette affaire continue de susciter des tensions politiques et médiatiques, avec des implications potentielles pour des figures internationales, soulignant l'importance d'une transparence totale dans le traitement de ce dossier explosif.