Grèce : huit ans de prison pour les responsables du logiciel espion Predator
Quatre ans après l'éclatement d'une vaste affaire d'écoutes téléphoniques illégales ayant ébranlé le gouvernement conservateur grec, la justice a rendu son verdict. Quatre responsables de l'entreprise Intellexa, qui a commercialisé le logiciel espion Predator en Grèce, ont été condamnés à huit ans de prison ferme.
Des accusations graves pour violation de la vie privée
Les condamnations prononcées par la cour pénale d'Athènes concernent plusieurs infractions graves :
- Violation du secret des communications téléphoniques
- Intervention répétée dans un système d'archivage de données personnelles
- Accès illégal à des données sensibles
Parmi les condamnés se trouve l'homme d'affaires israélien Tal Dilian, fondateur d'Intellexa et ancien militaire. Absent lors du prononcé du verdict, Tal Dilian fait également l'objet de sanctions aux États-Unis depuis 2023 pour ses activités controversées.
Une loi controversée atténue les peines
Les quatre responsables grecs et israéliens ont bénéficié d'une disposition législative de 2019 qui a déclassé la violation de la confidentialité des communications d'un crime à un simple délit. Cette modification législative a permis d'atténuer considérablement les peines encourues par les accusés dans cette affaire.
Christos Spirtzis, ancien ministre des transports sous le gouvernement Syriza qui avait été directement ciblé par le logiciel Predator, s'est félicité du verdict. « Ce tribunal a sauvé l'honneur de la justice grecque », a-t-il déclaré en sortant de la cour pénale d'Athènes le jeudi 26 février.
Un logiciel espion au cœur du scandale politique
Le logiciel Predator, développé et commercialisé par Intellexa, a été au centre d'un vaste scandale politique en Grèce. Ce système d'espionnage sophistiqué permettait d'intercepter les communications téléphoniques de personnalités politiques, de journalistes et d'hommes d'affaires sans autorisation judiciaire.
L'affaire a révélé des pratiques d'écoutes illégales à grande échelle qui ont profondément secoué la classe politique grecque et remis en question les garanties démocratiques en matière de protection de la vie privée. Le verdict représente donc une étape importante dans la recherche de vérité et de justice pour les nombreuses victimes de ces surveillances abusives.



