« Justice je t’accuse, je suis Lyhanna », « Protégez les enfants », « Encore combien de victimes ? » Malgré la pluie, les mots peints à la hâte sur les pancartes sont nombreux, ce lundi soir, place Lépine, devant l’ancien palais de justice de Paris. Après le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, dans le Gers et l’indignation suscitée par la révélation de la série de plaintes pour viols déposées contre son meurtrier présumé, plus d’un millier de manifestantes - des femmes pour la plupart - et manifestants ont répondu à l’appel d’associations féministes et enfantistes dont NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l’inceste, ou le Collectif Féministe contre le viol. Ils mettent en cause la justice et le traitement des violences sexuelles.
Un rassemblement sous le signe de l’indignation
« J’ai moi-même subi des choses il y a très longtemps », confie d’emblée Luana, 63 ans, cheveux blonds et veste rose, tout en aidant une femme à déplier sa banderole. « Lyhanna est notre enfant à tous. Elle est partie. Comment ne pas être là aujourd’hui ? » Une fois dépliée, on peut lire sur la pancarte de sa voisine : « Un enfant mort devient un enfant que l’on croit. Un enfant mort est un enfant que l’on n’a pas cru. Ça vous choque ? C’est la réalité. »
Des familles en colère
Marie*, 43 ans, est venue en famille, avec son mari et ses deux enfants, dont sa fille de 6 ans, baskets brillantes et ciré jaune. Sur un carton, la fillette a elle-même peint : « Les juges doivent nous croire. » Sa mère raconte : « Notre fille a subi des violences dans son école et doit faire face à un système judiciaire qui ne protège pas les enfants. C’est hallucinant qu’il faille qu’une gamine soit tuée pour qu’on se réveille. »
Un appel à la protection des enfants
Les manifestants dénoncent l’inaction des autorités face aux violences sexuelles sur mineurs. « Lyhanna avait dénoncé son agresseur, mais personne ne l’a écoutée », s’indigne une participante. « Combien d’enfants doivent encore mourir avant que la justice agisse ? » Les associations présentes rappellent que chaque année, des milliers d’enfants sont victimes de violences sexuelles, et que les plaintes sont souvent classées sans suite.
Un rassemblement pour la mémoire et l’action
La manifestation s’est déroulée dans un climat de recueillement et de détermination. Des bougies ont été allumées en mémoire de Lyhanna. « Nous ne l’oublierons pas », a déclaré une porte-parole de NousToutes. « Nous exigeons des mesures concrètes : formation des juges, meilleur accueil des victimes, et une politique de prévention ambitieuse. »
Le meurtre de Lyhanna a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Le gouvernement a promis une enquête, mais les manifestants restent sceptiques. « Les promesses, on connaît », lâche un homme. « Ce qu’il faut, c’est des actes. »
Alors que la nuit tombe sur Paris, les pancartes restent levées, et les voix portent haut : « Justice pour Lyhanna, justice pour tous les enfants. »



