Le tribunal administratif a condamné fin avril le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Grenoble, situé en Isère, à verser plus de 200 000 euros aux proches d’un patient décédé en 2019. Selon les informations rapportées par Le Parisien, la responsabilité de l’établissement a été engagée, ainsi que celle de l’un de ses chirurgiens spécialisé dans la chirurgie du dos.
Une opération qui tourne au drame
En 2007, le patient, prénommé Christophe, a subi une intervention chirurgicale du dos. Au cours de cette opération, le chirurgien a sectionné une veine iliaque, provoquant une hémorragie. Un expert a qualifié cet incident de « faute par maladresse ». Par la suite, l’homme a développé un syndrome des loges, une complication grave qui n’a pas été diagnostiquée par le chirurgien, entraînant « des séquelles irréversibles ».
Les conséquences ont été dramatiques. Pendant des années, Christophe a souffert d’infections et de complications multiples, le conduisant à être amputé d’une jambe en 2016. Il est décédé trois ans plus tard, à l’âge de 46 ans. Sa veuve a confié à nos confrères : « Une opération du dos ne doit pas se terminer comme ça. Christophe a vécu un enfer. C’étaient des douleurs 24 heures sur 24. Il n’était pas soulagé par les antalgiques qu’il prenait. »
La responsabilité du CHU reconnue
Dans son jugement, le tribunal a affirmé que « le centre hospitalier régional de Grenoble est entièrement responsable des conséquences dommageables subies » par la victime « du fait des manquements commis par le chirurgien lors de l’opération et en postopératoire ». Étant donné qu’un médecin d’un hôpital public ne peut pas être personnellement poursuivi devant la justice administrative, c’est le CHU qui a été condamné à indemniser les proches.
La veuve de Christophe a réagi : « Notre combat n’a pas été vain. Christophe n’est plus là, mais il a été reconnu comme victime et c’est important. » Une instruction pénale contre le chirurgien mis en cause est toujours en cours, ouverte en 2019. Il est mis en examen dans douze dossiers pour « blessures involontaires » et également pour « homicides involontaires » concernant deux patients décédés.



