Un conflit familial déchirant devant le tribunal de Grasse
Le tribunal correctionnel de Grasse a examiné, ce mardi, une affaire particulièrement complexe et douloureuse, centrée sur la paternité d'une petite fille de 9 ans. Depuis plusieurs années, un homme, désigné par l'initiale F., et un couple, L. et V., se livrent à une bataille judiciaire acharnée autour de l'enfant, créant une situation qualifiée de cauchemar par les parties concernées.
Des origines remontant à avant la naissance
Pour comprendre les racines de ce conflit, il faut remonter à la période précédant la naissance de l'enfant. À l'époque, V. et F., bien que séparés, ont continué à entretenir des relations intimes. Parallèlement, V. a entamé une nouvelle relation avec L., qui est aujourd'hui son compagnon. Lorsqu'elle est tombée enceinte, V. aurait, selon les déclarations de F., laissé entendre que l'enfant pourrait être le sien.
Des procédures judiciaires et des revirements
Dès la naissance de la petite fille, F. a entrepris de faire valoir ses droits, comme l'a expliqué son avocat, Maître Gervais Gobillot. Des procédures ont été engagées, d'abord concernant la paternité, puis en demande de garde. Initialement, le tribunal a débouté F. de ses demandes en première instance. Cependant, dans un revirement notable, la cour d'appel lui a ultérieurement octroyé un droit de garde.
Cette décision accorde à F. la garde de l'enfant un week-end sur deux, la moitié des vacances scolaires et, de manière surprenante, lors de la Fête des pères. Cette situation a plongé la famille dans une profonde détresse.
Un procès aux enjeux multiples
L'affaire a pris une nouvelle dimension avec des poursuites pénales. L. a comparu devant le tribunal correctionnel de Grasse ce jeudi 2 avril 2026, poursuivi pour dénonciation calomnieuse par F. Son épouse, V., est quant à elle poursuivie pour non-représentation d'enfant à une personne en droit de le réclamer.
À la barre, L. a mimé avec émotion : « Je suis le père de [mon enfant] qui était dans le ventre de ma femme », affirmant ainsi son rôle parental.
Des plaidoiries contradictoires
Les avocats des deux parties ont présenté des arguments diamétralement opposés. Maître Franck De Vita, défendant le couple, a plaidé : « Le papa, la petite n'en a qu'un et c'est celui qui l'élève ». Il a questionné la légitimité de la démarche de F., soulignant que la contestation de paternité n'a été formulée que trois ans après la naissance, et accusant F. de chercher uniquement à nuire à V. et L.
À l'inverse, Maître Gervais Gobillot, avocat de la partie civile F., a constaté : « Tout est fait pour empêcher les liens entre l'enfant et F. », dénonçant une entrave à l'établissement d'une relation.
Une décision attendue
Le tribunal correctionnel de Grasse a mis l'affaire en délibéré. Le verdict est attendu pour le 26 mai 2026. Cette décision déterminera non seulement l'issue des poursuites pénales, mais pourrait aussi influencer les arrangements futurs concernant la garde et les relations familiales, dans un dossier qui continue de diviser et de blesser.



