Le gourou catalan Casasnovas face à de nouvelles accusations de violation judiciaire
Thierry Casasnovas, figure controversée du crudivorisme et de la naturopathie, est au cœur d'une nouvelle polémique judiciaire. Mis en examen depuis mars 2023 à Perpignan pour huit délits, dont l'exercice illégal de la médecine et l'abus de faiblesse, il a récemment annoncé dans une vidéo publiée le 13 février son intention de réintégrer son centre de "régénération". Cette déclaration soulève des questions cruciales sur le respect de son contrôle judiciaire, qui lui interdit initialement de participer à des rassemblements liés à la santé.
Un allègement des obligations contesté
Selon des informations exclusives, Casasnovas a obtenu en janvier un assouplissement de ses obligations judiciaires. Son avocat, Me Di Vizio, a plaidé devant le juge d'instruction que son client, candidat autoproclamé à la présidence de la République, ne pouvait être empêché de parler de santé, un sujet majeur de campagne. Ainsi, la seule interdiction restante porterait sur la promotion de l'hygiénisme, du crudivorisme et des compléments alimentaires. Cependant, cette interprétation est vivement contestée par les parties civiles.
Me Jean-Baptiste Cesbron, avocat des parties civiles, rappelle que Casasnovas n'a pas sollicité la levée de l'interdiction de dispenser des formations ou d'organiser des stages. Il insiste sur le fait que le gourou a toujours l'interdiction de participer à tout rassemblement lié à la santé. Cette position est renforcée par des antécédents : Casasnovas a déjà fait l'objet de rappels à ses obligations en avril 2023 et juillet 2024, soulignant un schéma récurrent de manquements.
Une stratégie de communication dénoncée
Les parties civiles accusent Casasnovas de chercher à rassurer sa communauté et de réécrire son histoire comme celle d'un homme injustement persécuté par la justice. Dans une vidéo intitulée "remettre les pendules à l'heure", il se félicite de pouvoir rejoindre son équipe au centre, ce qui pourrait être perçu comme une tentative de contourner les restrictions. Me Cesbron a adressé un courrier au juge d'instruction le 17 février pour signaler cette situation, demandant une interprétation claire des termes du contrôle judiciaire.
Les enjeux sont élevés : si le contrôle judiciaire est révoqué en raison de violations, Casasnovas pourrait faire face à une incarcération. Pourtant, tant la défense que les parties civiles s'accordent sur la nécessité de conclure rapidement cette instruction. Me Di Vizio argue qu'il est temps de juger l'affaire au tribunal ou de prononcer un non-lieu, évitant une enquête prolongée sur une décennie.
Contexte et implications plus larges
Thierry Casasnovas, connu pour son utilisation massive des réseaux sociaux, notamment pendant la pandémie de Covid-19, reste une figure polarisante. Ses pratiques, centrées sur le jeûne et l'alimentation crue, ont été associées à des dérives sectaires, avec des témoignages d'adeptes rapportant des conséquences graves sur leur santé. Cette affaire met en lumière les défis juridiques liés à la régulation des gourous de santé et à la protection des consommateurs contre les pratiques trompeuses.
Alors que la procédure judiciaire se poursuit, la communauté de Casasnovas suit attentivement les développements, tandis que les autorités restent vigilantes face aux risques de nouvelles violations. L'issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur la manière dont la justice française aborde les cas de dérives sectaires dans le domaine de la santé.



