François-Noël Buffet : sa candidature au Défenseur des droits examinée ce mardi
Candidature de Buffet au Défenseur des droits examinée mardi

La candidature du sénateur LR François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron pour être le prochain Défenseur des droits, doit être entérinée ou repoussée par les parlementaires ce mardi 21 juillet 2026, à l'issue de son audition devant le Sénat. Les résultats des scrutins sont attendus vers 13h00.

Un profil respecté au Sénat mais contesté par les associations

À la chambre haute, son profil est très respecté. Sa candidature, pressentie de longue date et poussée par le président Gérard Larcher, devrait être soutenue très largement par les groupes de la droite et du centre, qui dominent cet hémicycle. A contrario, le choix du président de la République de proposer M. Buffet à la succession de Claire Hédon, qui achève son mandat de six ans non renouvelable, a provoqué l'ire du monde associatif et syndical, qui a dénoncé des "prises de position contraires aux droits fondamentaux".

Manifestation des associations contre la candidature

Tôt ce mardi matin, une vingtaine de militants des associations Aides, Sidaction, SOS Racisme, Utopia 56, Act Up Paris, Le Revers de la Médaille, Accès au droit, Comede et InterLGBT ont déployé une banderole "défenseur des droits, stop au naufrage démocratique" dans le jardin du Luxembourg, face au Sénat.

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"Vis-à-vis du Défenseur des droits, ce serait extrêmement dommage qu'il n'y ait plus la possibilité de s'y référer et qu'il n'y ait plus de confiance", a déclaré à l'AFP Camille Spire, présidente de l'association Aides. "Il y a 150 000 personnes qui ont signé la pétition" contre la candidature de François-Noël Buffet et "il y a d'autres choix possibles", a-t-elle souligné.

Les positions controversées de l'ex-ministre

L'ex-ministre conservateur, qui a débuté sa carrière comme avocat au barreau de Lyon, est critiqué pour s'être opposé notamment au mariage pour tous et à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, ainsi qu'à l'aide médicale d'État (AME) pour les étrangers sans papiers, et pour s'être abstenu lors du vote pour la constitutionnalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

La gauche dénonce une nomination "réactionnaire"

Lors de son audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, de nombreux députés de gauche ont repris à leur compte ces critiques, le député LFI Andy Kerbrat l'accusant par exemple de "votes racistes et homophobes". En réponse, François-Noël Buffet a affirmé avoir "évolué" sur "un certain nombre de sujets", et a promis une "indépendance totale".

Bien que le résultat du vote de la commission de l'Assemblée nationale ne soit pas encore public, la députée LFI Clémence Guetté a affirmé dans un message sur X que M. Buffet avait été "nommé Défenseur des droits par les macronistes". "Ils ont décidé de nommer un réactionnaire", a-t-elle ajouté, dénonçant "un scandale".

Des voix s'élèvent pour défendre l'indépendance de l'institution

"Le parcours politique des uns et des autres influe peu sur l'institution qui est celle du Défenseur des droits", a de son côté argué Laurent Nuñez sur France Inter lundi, prenant l'exemple de Jacques Toubon, fidèle de Jacques Chirac et figure de la droite, qui fut un "Défenseur des droits de très haut niveau", selon le ministre de l'Intérieur.

"Ce qui compte, c'est qu'ensuite, la personne qui est choisie, nommée par les parlementaires, se conforme à ce qui est attendu, c'est-à-dire protéger les droits et protéger les libertés dans un mouvement où on le voit, on a des discriminations qui persistent", a abondé mardi sur RMC Aurore Bergé, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations.

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