Ce jeudi 21 mai, à l'aube, sous haute surveillance, l'État a mené une opération d'envergure contre la cabanisation à Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier. En quelques heures, une parcelle de 1 400 m², illégalement aménagée en zone inconstructible, a été entièrement démolie.
Une opération coup de poing
Dès 6 heures du matin, les gendarmes ont sécurisé le terrain situé à proximité de la gare de Villeneuve-lès-Maguelone. Après avoir évacué les nombreux véhicules présents, les équipes de démolition ont détruit grillages, préau et bâtiment principal à l'aide de pelleteuses. Le tout en quelques heures seulement.
Cette action s'inscrit dans la lutte contre la cabanisation, qui désigne la construction ou l'installation illégale (maisons, piscines, caravanes, mobil-homes) dans des espaces inconstructibles, qu'ils soient agricoles, naturels ou forestiers.
Des décisions de justice et des astreintes lourdes
Marin Lassalle, sous-préfet de l'Hérault, a précisé que cette destruction a été ordonnée par la justice, faisant suite à deux décisions : une civile de la Cour d'appel de Montpellier en 2018, et une pénale en 2023, accompagnées de nombreuses mises en demeure. Le terrain, situé en zone PPRI (plan de prévention des risques inondation) rouge, est totalement inconstructible. Les propriétaires doivent plus de 200 000 euros d'astreintes, auxquelles s'ajoutaient chaque jour entre 500 et 1 000 euros.
Bien que le terrain ne servait pas de logement, il contenait un poulailler, une cuisine extérieure, des jeux pour enfants et une piscine hors-sol, tous prohibés par la justice.
Des outils pour lutter contre la cabanisation
Pour contrer ce phénomène, l'État a mis en place plusieurs outils, notamment les drones cartographiques "Aigle" pour le repérage des infractions, et le logiciel "Lucca" permettant aux élus de dresser des procès-verbaux dans des conditions juridiquement sécurisées. Une charte départementale de lutte contre la cabanisation regroupe 72 communes et deux communautés urbaines, principalement sur le littoral héraultais, avec un épicentre à Pérols.
"C'est un délit grave", a rappelé Marin Lassalle. "Il y a des intérêts environnementaux, mais cela met également en danger les personnes qui vivent sur ces parcelles, car elles peuvent se raccorder illégalement aux réseaux électriques ou d'eau usée."
Un symbole fort
"Ce phénomène donne un sentiment d'impunité à l'égard de la loi. C'est inadmissible. Je le rappelle aujourd'hui : l'État ne lâchera rien !" a déclaré le sous-préfet. Sous le bruit des pelleteuses et le regard des gendarmes, la parcelle a retrouvé son statut initial de terrain inconstructible. Pour la préfecture, cette opération est un symbole de la détermination des autorités.



