Henri Sabarot : le Médoc, un territoire préservé grâce au Parc naturel régional
Henri Sabarot : le Médoc préservé par le Parc naturel régional

Le Médoc a obtenu le classement en Parc naturel régional (PNR) par décret le 24 mai 2019. Henri Sabarot, président du Pays Médoc, a joué un rôle moteur dans ce projet. Le 2 juin 2019, il répondait à nos questions. Nous republions cet entretien.

Un processus de dix ans

La création du PNR du Médoc a nécessité près de dix ans de travail. Lancée par la Région Aquitaine, la démarche a été confiée au syndicat mixte de Pays Médoc pour rassembler les élus et élaborer la charte. Henri Sabarot, président du Pays Médoc, a été un acteur clé. Dans les semaines suivantes, il sera élu à la présidence du PNR du Médoc.

L'origine du projet

Selon Henri Sabarot, l'idée est née lors du débat sur le projet de port méthanier et le contournement ouest de Bordeaux. Alain Rousset lui avait suggéré de créer un PNR pour le Médoc. Sabarot a accepté et s'est engagé dans cette mission, sans interférence de la Région.

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Les avantages du classement

Le classement apporte une image d'unité et transforme l'isolement du territoire en atout. La charte du PNR correspond à l'espace médocain, où l'industrie lourde n'est pas souhaitée. La richesse du Médoc est liée à son environnement : forêt, océan, lacs, estuaire. Le PNR permet de synergie entre social, environnement et économie.

Développement économique et contraintes

Le développement économique a été une préoccupation majeure. Le PNR n'est pas une contrainte mais un outil. La CCI de Bordeaux a été un partenaire clé. Le Médoc mise sur des niches comme la filière composite, l'agriculture de circuit court, le label PNR pour les productions, et le tourisme avec des saisons allongées.

Pression urbanistique

Le PNR sert de rempart contre la pression de la Métropole. Il permet de résister et de collaborer avec la Métropole pour préserver la qualité environnementale. La charte et la carte régissent l'usage des sols, interdisant par exemple le photovoltaïque sur les forêts. Les règles des Scot sont reprises.

Une structure utile

Le PNR n'est pas un échelon supplémentaire mais un outil de travail global et transversal. Il a permis aux Médocains de mieux se connaître et de collaborer. Sur 51 communes, seule Vensac a refusé. Le PNR apporte des compétences complémentaires.

Réponse aux critiques

Henri Sabarot répond aux opposants qui le voient comme un chasseur préservant le territoire au détriment du développement. Il assume vouloir protéger le Médoc, mais pas de façon égoïste. La chasse est une activité identitaire et nécessaire pour contrôler le gibier. Il se dit fier d'être un chasseur élu, mais le débat est dépassé : la charte a été votée par tous les groupes politiques à la région.

Un potentiel naturel majeur

Le Médoc possède un patrimoine environnemental riche : deux façades littorales de 100 km, les lacs de Carcans-Hourtin et Lacanau (8 km²), une forêt de 135 000 ha sur 235 000 ha de territoire, un vignoble de 17 000 ha, et 20 000 ha de marais estuariens avec prairies naturelles et élevage extensif. Ces atouts ont permis d'obtenir le classement, valable quinze ans.

Filières économiques

La filière bois et la viticulture sont des acteurs majeurs. Les marais sont valorisés par l'élevage bovin et la culture de céréales sur 3 500 ha. Le PNR mise sur les filières courtes et le label PNR pour ces productions.

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