Braqueur gardois libéré après 26 ans de cavale en Espagne
Braqueur gardois libéré après 26 ans de cavale

Ce jeudi 23 juillet, contre l'avis du parquet général, la cour d'appel de Montpellier a décidé de remettre en liberté Dominique Delattre, arrêté fin juin après 26 ans de cavale en Espagne, suite à un braquage sanglant à Vendargues (Hérault) en 1997.

Un nouveau coup de théâtre

Dominique Delattre, ce Gardois arrêté le 24 juin près de Séville, en Andalousie, 26 ans après son évasion de la maison d'arrêt de Nîmes, a vu sa demande de remise en liberté acceptée seulement 13 jours après son incarcération en France, suite à son extradition ordonnée le 10 juillet par le juge de la détention.

Le parquet général s'était formellement opposé à la libération de cet homme aujourd'hui âgé de 65 ans, invoquant un risque important de récidive de fuite. Cependant, la cour a été sensible au comportement du mis en cause. À l'audience du mardi 21 juillet, il avait formulé des regrets sur ce quart de siècle de fuite, assurant qu'il serait incapable de recommencer.

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Une vie habituelle en Espagne

Selon l'arrêt de la cour consulté par Midi Libre : "Contrairement aux titres de presse produits aux débats, ce prévenu est interpellé alors qu'il menait une vie habituelle faite de 'petits boulots' et était connu dans tout le village près de Séville, hébergé depuis 2002 comme en témoignent les nombreuses attestations. Il n'a fait aucune difficulté lors de son appréhension et consenti à sa remise aux autorités."

Christophe Delattre avait pourtant été condamné par contumace le 6 mars 2001 par la cour d'assises de l'Hérault à 20 ans de réclusion criminelle pour un violent braquage d'un fourgon de la Brinks, perpétré en octobre 1997 à Vendargues. Avec deux complices, dont un retrouvé mort dans un accident lors de sa fuite, ils avaient attaqué le camion, tirant à huit reprises au "11-43", blessant un convoyeur de fonds aux jambes, une balle s'étant aussi logée dans la sacoche d'un autre.

Une évasion spectaculaire

Surnommé "la vioque" ou "la vieille", Delattre avait été arrêté mais s'était évadé de la maison d'arrêt de Nîmes grâce à des complices, en août 2000, avec des échelles et des cordes. Depuis, malgré un mandat d'arrêt européen, il n'avait pas été retrouvé, jusqu'à ce que la brigade nationale de recherches des fugitifs ne parvienne, grâce au portable d'un proche, à le localiser quatre mois avant la prescription du dossier. Rappelons que Dominique Delattre a été plusieurs fois condamné pour braquage et en 1985, déjà, pour tentative d'évasion.

Une décision saluée par son avocat

Me Jean-Charles Teissedre, avocat de Delattre, a réagi : "Mon client a rencontré de bons magistrats qui ont pris une sage décision, c'est une personne qui est métamorphosée, qui n'a qu'une envie, retrouver les siens, rattraper le temps perdu et il respectera pleinement ses obligations." La cour d'appel de Montpellier a aussi été sensible au fait qu'il dispose d'une "attestation sérieuse" d'hébergement chez son frère dans le Gard, en petite Camargue.

Un contrôle judiciaire strict

Dominique Delattre est soumis à un contrôle judiciaire strict : il ne doit pas sortir du département du Gard, pointer deux fois par semaine à la gendarmerie, ses papiers d'identité lui ont été retirés et il ne doit pas entrer en contact avec les mis en cause et les parties civiles. Le voilà donc libre, avec un procès aux assises de l'Hérault, où le sexagénaire doit être rejugé pour le braquage de la Brinks. Cependant, il risque d'être audiencé dans plusieurs années au regard de l'engorgement actuel des assises et des affaires criminelles où les accusés en détention provisoire sont prioritaires.

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