Procès à Besançon d'un bûcheron accusé de viols et chantage sur 43 adolescents
Bûcheron jugé pour viols et chantage sur 43 adolescents à Besançon

Un procès grave pour des faits s'étalant sur cinq ans

Les accusations portées contre le jeune bûcheron de 25 ans sont d'une extrême gravité, concernant principalement des victimes mineures. Ce dernier, actuellement détenu et reconnaissant les faits, est jugé depuis ce lundi devant la cour criminelle du Doubs à Besançon. Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle pour une série d'infractions commises entre 2018 et 2023.

Un système de prédation méthodique

L'homme comparaît spécifiquement pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel et atteintes à la vie privée. Ces actes ont été perpétrés auprès de 43 jeunes personnes, dont 41 garçons et deux filles, issues de son entourage scolaire, amical ou professionnel. Parmi ces victimes, sept adolescents ont formellement dénoncé des viols, comme l'a précisé le substitut du procureur de Montbéliard, Jérémy Lhadi, qui représente le ministère public lors de ce procès prévu pour durer trois semaines.

Un mode opératoire élaboré et répétitif

L'enquête, initiée en 2021 dans un petit village du nord du Doubs, a révélé un système de prédation particulièrement élaboré. Le suspect, qui suivait alors une formation en bûcheronnage dans un centre rural, avait créé un faux profil féminin sur les réseaux sociaux. Sous cette fausse identité, il abordait des garçons de son entourage, plus ou moins proches, pour établir progressivement une relation de confiance.

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Le mécanisme de chantage se mettait ensuite en place : après avoir obtenu des photos et vidéos intimes des adolescents, nus ou se masturber, il menaçait de diffuser ces images si elles refusaient d'avoir des relations sexuelles avec lui. Les gendarmes ont découvert dans ses appareils électroniques « des dossiers nominatifs, avec des photos et des vidéos des victimes, ad nauseam », selon les termes du magistrat instructeur.

Des victimes profondément marquées

Le substitut du procureur évoque des jeunes « ravagés » par ces expériences traumatisantes. La grande majorité des victimes, aujourd'hui âgées de 20 à 25 ans, ne se sont pas constituées parties civiles mais sont appelées à témoigner durant le procès. Me Jean-Baptiste Euvrard, qui défend quatre d'entre elles, dont le premier garçon à avoir osé porter plainte, confie que beaucoup sont « anéantis par la honte, alors qu'il n'y a pas lieu ».

Ces jeunes « ne veulent plus entendre parler » des faits subis, témoignant du profond impact psychologique de ces agressions. L'audience devant la cour criminelle du Doubs est programmée jusqu'au 27 mars. La cour devra décider, en fonction des demandes des parties civiles, si les débats se tiendront à huis clos pour protéger la vie privée des victimes.

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