Depuis le 7 juillet 2026, date de publication des résultats du baccalauréat, Jad Guittard, élève de terminale STD2A à l'ensemble scolaire Saint-Pierre – Saint-Paul de Langogne (Lozère), est dans l'incertitude. Son nom n'apparaît ni parmi les admis, ni parmi les candidats au rattrapage. La raison ? Une suspicion de fraude lors de l'épreuve de philosophie du 15 juin, signalée par le correcteur.
Une famille livrée à elle-même
Sarah Guittard, mère de Jad, tient un journal de bord de ses échanges avec le rectorat. "On est obligés d'aller à la pêche aux informations", confie-t-elle. Malgré ses appels et courriels, elle déplore un manque de transparence : "Si je ne vais pas vers eux, eux ne viennent pas vers moi." La famille a dû se battre pour obtenir le procès-verbal et les détails de la procédure. Jad comparaîtra devant la commission disciplinaire les 3 et 4 septembre, mais sans garantie de décision rapide.
Un lycéen déficient visuel sous le coup d'un signalement
Jad, déficient visuel, utilise un ordinateur pour composer, dans le cadre d'un plan d'accompagnement personnalisé (PAP). Sa mère précise que l'appareil a été vérifié avant l'épreuve, que les téléphones étaient éteints et les sacs rangés. Aucun incident n'a été signalé pendant l'examen. Pourtant, le correcteur a relevé des éléments suspects, déclenchant la procédure. "S'ils veulent faire des recherches, pourquoi pas", admet Sarah, mais elle conteste la méthode : "On nous laisse complètement dans l'ignorance."
Des conséquences lourdes pour la rentrée
Admis à l'Atelier de Sèvres à Paris, Jad devait faire sa rentrée le 14 septembre. Mais avec la commission disciplinaire début septembre et un délai de quinze jours pour la notification, l'installation est compromise. La location d'un appartement est en attente, et la famille a dû contacter un avocat, pour un coût estimé à 1 200 € minimum. "Mon gamin est dans un état pas possible", déplore Sarah. Le rectorat de Montpellier justifie la procédure par la nécessité d'un "traitement équitable des dossiers". Sarah conclut : "S'il a triché, je serai la première à l'emmener au rectorat. Mais on voudrait simplement comprendre et que Jad puisse se défendre."



