À quelques semaines du déclenchement de la campagne électorale pour les élections législatives du 1er novembre, la Knesset, le Parlement israélien, multiplie les lois polémiques. Parmi elles, une proposition de loi visant à instaurer la peine de mort pour les auteurs d'actes «terroristes» a été adoptée en première lecture le 19 juillet 2022, par 55 voix contre 49.
Une mesure phare du gouvernement Bennett-Lapid
Ce texte, porté par le député d'extrême droite Itamar Ben Gvir, est l'une des mesures phares de la coalition hétéroclite dirigée par Naftali Bennett et Yair Lapid. Il prévoit la peine capitale pour toute personne reconnue coupable d'un acte «terroriste» ayant entraîné la mort. Les juges auraient la possibilité de prononcer cette sentence à la majorité simple, sans nécessité d'unanimité.
Selon les critiques, cette loi cible principalement les Palestiniens et pourrait être utilisée de manière disproportionnée. L'opposition de gauche et les associations de défense des droits humains dénoncent une atteinte aux principes de justice et une escalade de la violence d'État.
D'autres textes controversés en préparation
Outre la peine de mort, la Knesset examine d'autres propositions polémiques. Parmi elles, un projet de loi visant à interdire les drapeaux palestiniens dans les institutions publiques, ou encore une loi permettant aux médecins de refuser de pratiquer des actes médicaux contraires à leur conscience, ce qui pourrait limiter l'accès à l'avortement.
Le gouvernement justifie ces initiatives par la nécessité de renforcer la sécurité et l'identité juive de l'État. «Nous devons envoyer un message clair à ceux qui veulent nous détruire», a déclaré le Premier ministre Yair Lapid. Cependant, les observateurs y voient une tentative de séduire l'électorat de droite avant les urnes.
Une accélération législative contestée
Le rythme des votes a été critiqué par l'opposition, qui dénonce un passage en force. «La coalition utilise la Knesset comme une machine de propagande électorale», a affirmé le député travailliste Gilad Kariv. Selon lui, ces lois sont «dangereuses pour la démocratie israélienne».
Les sondages prédisent une percée de l'extrême droite aux prochaines élections, ce qui pourrait renforcer encore cette dynamique législative. Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International, ont exprimé leur inquiétude face à ces évolutions.



