Montpellier : les avocats en grève contre la réforme de la justice criminelle paralysent le tribunal
Vendredi 10 avril 2026, le tribunal judiciaire de Montpellier a été le théâtre d'une mobilisation inédite des avocats du Barreau local. En début d'audience correctionnelle, le bâtonnier Pierre Lafont et plusieurs avocats pénalistes, dont Mes Gérard Christol et Jacques Martin, ont pris la parole à la barre pour exposer les motifs de leur mouvement de protestation contre la réforme de la justice criminelle.
Une audience perturbée par la grève des avocats
En raison de la grève observée par les avocats jusqu'au 14 avril, la quasi-totalité des dossiers qui devaient être jugés ce vendredi ont dû être renvoyés à des dates ultérieures. Cette action collective a significativement perturbé le fonctionnement habituel du tribunal, mettant en lumière l'ampleur de la mobilisation professionnelle.
Les avocats présents, dont l'ancien bâtonnier Gérard Christol et l'ex-vice-bâtonnière Iris Christol, ont utilisé cette tribune pour expliquer les raisons profondes de leur opposition. Ils dénoncent particulièrement la création d'une procédure simplifiée de "plaider-coupable" qui serait étendue aux faits criminels, suivant le modèle déjà existant pour les délits.
Défense d'une "justice 100% humaine"
Me Iris Christol a développé une argumentation passionnée en faveur d'une justice incarnée : "La justice ne peut se passer d'incarnation. Elle demande du temps, de la nuance, de la présence, du débat. C'est un remède à l'intelligence artificielle, c'est de l'intelligence 100% humaine".
L'avocate pénaliste a également rappelé l'importance cruciale du procès en Cour d'assises pour les victimes : "Il est important qu'on puisse entendre les gens. Qu'ils puissent déposer leur souffrance, leurs silences aussi. Il faut vraiment se battre pour que cette institution essentielle demeure".
Une mobilisation qui se poursuit
Ces arguments seront repris et amplifiés lors de la manifestation prévue lundi 13 avril en fin de matinée. Les avocats du Barreau de Montpellier se rassembleront devant la Cour d'Appel, rue Foch, pour continuer à faire entendre leur voix contre ce projet de réforme.
La présence conjointe du bâtonnier en exercice et d'anciens bâtonniers cumulant plus de cent ans d'expérience au barreau témoigne de l'unanimité et de la détermination de la profession face à ce qu'ils perçoivent comme une menace pour les fondamentaux de la justice criminelle.



