L'avocat de Cédric Jubillar transforme la défense en combat pour les principes judiciaires
Pierre Debuisson, le nouvel avocat de Cédric Jubillar, a pris position mardi en affirmant que défendre son client dépasse largement le cadre individuel de cette affaire. Pour lui, il s'agit d'un combat d'intérêt général visant à protéger un principe fondamental de la justice : on ne peut pas condamner un individu sans preuves solides. Cette déclaration intervient alors que Cédric Jubillar, peintre-plaquiste de 38 ans, a été reconnu coupable en première instance du meurtre de son épouse Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans dont le corps n'a jamais été retrouvé, et condamné à 30 ans de réclusion criminelle le 17 octobre.
Un procès en appel et une détermination renouvelée
Détenu à l'isolement à la prison de Toulouse-Seysses depuis juin 2021, Cédric Jubillar maintient son innocence et prépare son procès en appel à Toulouse, dont la date reste à fixer. Pierre Debuisson, choisi par l'accusé pour remplacer ses précédents avocats Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, insiste sur l'importance symbolique de ce dossier. Ce qui m'intéresse, c'est de défendre le principe selon lequel on ne peut pas condamner un homme ou une femme sans preuves, affirme-t-il, estimant que c'est précisément ce qui s'est produit lors du premier procès.
L'avocat dénonce une situation qui ouvre la porte à une justice arbitraire dont personne ne veut. Selon lui, en condamnant Cédric Jubillar, c'est la justice qu'on met en péril. Il décrit son client comme désormais beaucoup plus combatif, motivé et déterminé qu'en première instance, où Jubillar pensait naïvement qu'il serait acquitté en raison de son innocence présumée.
Les éléments du verdict et la ligne de défense inchangée
Dans son arrêt rendu public après le verdict, la cour d'assises du Tarn a estimé que le meurtre de Delphine Jubillar était caractérisé, sans être convaincue par les déclarations de l'accusé. La juridiction a retenu plusieurs éléments pour établir la responsabilité de Cédric Jubillar dans la disparition de son épouse survenue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn) :
- Des témoignages recueillis lors de l'enquête
- La personnalité compatible de l'accusé avec le passage à l'acte
- Sa non-acceptation du départ de son épouse pour un autre homme
Malgré cela, Maître Debuisson confirme que pour le procès en appel, Cédric Jubillar n'entend pas changer de ligne de défense. Il n'y a aucun élément qui me permet de tendre dans cette direction-là, il a clairement maintenu qu'il était innocent, moi je le crois, déclare l'avocat.
Conditions de détention et santé dégradée
En attendant le procès en appel, Pierre Debuisson alerte sur la dégradation de l'état de santé de son client, qu'il attribue à des conditions de détention qu'il qualifie d'indignes. Il estime que ces circonstances compromettent les conditions d'un procès équitable. L'avocat annonce avoir opté pour une défense de rupture par rapport à tout un système qui a été mis en place pour le faire condamner dès le départ, soulignant ainsi sa volonté de contester frontalement les méthodes employées dans cette affaire.
Cette prise de position marque un tournant dans la défense de Cédric Jubillar, transformant un cas judiciaire en un débat plus large sur les garanties procédurales et les fondements de la condamnation pénale en France.



