Le procès en appel du meurtre barbare de Floirac s'ouvre à Périgueux
La cour d'assises de la Dordogne a entamé, lundi 23 mars, le jugement en appel de deux jeunes hommes condamnés à quatorze ans de réclusion criminelle pour leur implication dans le meurtre d'un retraité de Floirac. Cette nouvelle session judiciaire, qui se déroule à Périgueux, doit se poursuivre jusqu'au jeudi 26 mars, avec l'examen minutieux des faits d'hyperviolence et des personnalités des accusés.
Un crime commis en coaction en avril 2021
Bilal Hamdan, 23 ans et demi, et Vincent Lehman, 24 ans, comparaissent libres sous contrôle judiciaire après avoir purgé respectivement deux ans et un mois et deux ans et trois mois de détention. Ils font partie des quatre adolescents initialement condamnés en novembre 2024 par la cour d'assises de la Gironde à Bordeaux pour le meurtre barbare de Pierre Sourgen, un sexagénaire retrouvé mort le 10 avril 2021 dans un local technique de sa résidence à Floirac.
Les deux hommes sont accusés de complicité de meurtre, mais ils contestent fermement cette qualification. « Pour moi, ce sont des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », affirme le plus âgé des accusés. Son coaccusé, quant à lui, peine à trouver les mots pour qualifier juridiquement ses actes lorsqu'il est interrogé par la présidente de la cour.
Le rappel glaçant des faits
L'audience a débuté par la lecture de la décision de mise en accusation et de la motivation du jugement de première instance. La présidente Fabienne Roure-Guerrieri a rappelé les circonstances particulièrement violentes du crime : le corps de la victime gisait dans son sang, le visage fracassé à coups de pied. « L'absence de défense de la victime a été relevée, son délai de survie n'a été que de quelques minutes », a-t-elle souligné, précisant que la mort avait été causée par un écrasement facial.
Les faits se sont déroulés en deux temps : une première scène de violence en présence des cinq accusés initiaux, dont une jeune femme restée passive, suivie d'une seconde agression perpétrée par Romain Baros, désigné comme le principal auteur et condamné à vingt ans de réclusion criminelle.
Des parcours de vie marqués par la souffrance
L'examen des personnalités des accusés a révélé des parcours familiaux difficiles. Bilal Hamdan, né au Maroc et également connu sous le nom de Sacha Boucher, vit avec une « souffrance identitaire » dans un contexte familial décrit comme « non sécurisant et toxique ». Adopté dans des conditions juridiques étranges par des « figures parentales défaillantes », il a connu un décrochage scolaire précoce malgré son intelligence, dans un environnement marqué par l'alcoolisme paternel et les conflits parentaux.
Vincent Lehman a également subi l'alcoolisme de son père. Proche de sa mère, il a quitté l'école prématurément malgré son potentiel et a été victime d'une agression traumatisante au cutter à l'âge de 17 ans. Aujourd'hui, Bilal Hamdan est devenu père et a obtenu un diplôme mais reste sans emploi, tandis que Vincent Lehman travaille comme aide cuisinier polyvalent dans une crèche. Tous deux vivent toujours chez leur mère.
La suite des débats
Le procès doit se poursuivre ce mardi 24 mars avec l'audition des experts médicaux et de plusieurs témoins. Neuf jurés et deux remplaçants, désignés par tirage au sort lundi matin, assisteront à ces débats qui visent à déterminer si la qualification de meurtre doit être maintenue ou si les faits doivent être requalifiés en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.



