L'Assemblée nationale a adopté mardi 30 juin 2026, pour la troisième fois, la création d'un droit à l'aide à mourir, une promesse centrale du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Le texte a recueilli 295 voix pour et 232 contre, une majorité confortable mais en léger recul par rapport aux scrutins précédents.
Un parcours législatif répété
Ce vote intervient après deux précédentes adoptations en mai 2025 (305 voix pour, 199 contre) et en février 2026 (299 voix pour, 226 contre). À chaque fois, le Sénat s'est opposé au texte, bloquant son adoption définitive. Cette fois encore, la réforme retourne à la chambre haute, où une nouvelle opposition est attendue.
Le gouvernement a toutefois décidé de donner le dernier mot à l'Assemblée nationale. Le vote final est fixé au 15 juillet 2026. Si le Sénat rejette à nouveau le texte, les députés auront le dernier mot, conformément à la procédure législative.
Un enjeu politique et sociétal majeur
Ce projet de loi, porté par le président Macron, vise à instaurer un cadre légal pour l'aide à mourir, permettant aux personnes en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable de demander une assistance médicale pour mettre fin à leurs jours. Les débats ont été vifs, tant sur le fond que sur la procédure, avec des oppositions marquées de la part de certains groupes politiques et religieux.
Selon les données de l'Assemblée nationale, le vote du 30 juin a vu une participation élevée, avec 527 votants sur 577 députés. La majorité présidentielle a voté en faveur du texte, tandis que les oppositions de droite et d'extrême droite se sont largement prononcées contre. Une partie de la gauche a également soutenu le texte, bien que des voix discordantes se soient fait entendre sur les conditions d'accès au dispositif.
Prochaines étapes et perspectives
Le texte doit maintenant être examiné par le Sénat, qui devrait le rejeter comme lors des précédentes lectures. Le gouvernement a anticipé cette situation en engageant la procédure permettant à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. Le vote du 15 juillet sera donc crucial pour l'avenir de cette réforme.
Si le texte est adopté en lecture définitive, la France deviendra l'un des pays européens autorisant l'aide à mourir, rejoignant des nations comme la Belgique, les Pays-Bas ou le Luxembourg. Les modalités précises d'application devront ensuite être précisées par décret.



