Principal suspect du meurtre de Lyhanna à Fleurance dans le Gers, Jérôme Barella avait auparavant fait l’objet d’au moins trois plaintes pour des violences sexuelles sur mineures, d’au moins un signalement administratif ainsi que d’un signalement par un organisme antipédocriminalité américain. À toutes ces alertes s’en ajoute une dernière, révélée par nos confrères de Ligne rouge sur BFM TV : le 12 mars dernier, quelques mois donc avant l’enlèvement de Lyhanna, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) avait alerté la justice qu’une petite fille placée dans leurs services, Léa, amie de la fille de Jérôme Barella, avait témoigné avoir subi des « gestes déplacés » de cet homme.
Jérôme Barella aurait effectué « des gestes qu’elle qualifie de déplacés, sans qu’un contact physique ne soit mentionné », alors qu’elle était invitée à dormir chez son amie, rapporte le rapport de l’ASE, cité par BFM TV. Elle rapporte aussi une autre scène où l’homme se serait « collé à elle de façon très inappropriée au bord d’une fenêtre ».
« Dysfonctionnement systémique »
Le parquet d’Auch était destinataire de cette alerte, sans que la jeune fille ne soit jamais auditionnée, d’après des sources proches de l’enquête citées par BFM TV. Déjà en proie à de nombreuses critiques, la procureure de ce tribunal va-t-elle pouvoir garder son poste après ces nouvelles révélations ?
La Justice est le « point faible » des politiques publiques dans le domaine, a critiqué lundi la Commission sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Elle a pointé un « dysfonctionnement systémique », dont l’affaire Lyhanna est le « symbole ».



